Journée mondiale de lutte contre l'homophobie

Mauvais fils de Raphaële FRIER

 

Fils unique, Ghislain a du mal à être ce que l’on attend de lui: un bon élève, viril et surtout hétérosexuel. Devant ses résultats médiocres au lycée, son père le pousse à se former au métier d’électricien, un vrai "métier d’homme".

 

Après des journées à cacher des fils et poser des prises, Ghislain passe ses soirées dans des bars gays où il vit ses premières expériences sexuelles. Lorsque son père s’en aperçoit, il le met à la porte...

Will et Will de John GREEN et David LEVITHAN

 

Will a deux règles d'or dans la vie : ne pas attirer l'attention sur lui et refuser toute relation amoureuse. Tout le contraire de son meilleur ami Tiny, qui se distingue à la fois par sa corpulence et son homosexualité, et qui est constamment brisé par des drames amoureux à répétition...

 

L'autre Will est un adolescent dépressif pour qui le seul moment agréable dans ses journées moroses, est celui où il retrouve Isaac, le soir, sur Facebook. Isaac qui habite loin de Chicago, dans l'Ohio...

♦ Baignade interdite de Christophe RENAULT

 

Une tendre complicité unit Malo et Suzie. Inséparables, ils laissent les autres croire qu'ils sont amoureux. Jusqu'au jour où Suzy se laisse séduire par le beau mais violent Mehdi, qui ne supporte pas la relation fusionnelle que sa petite amie entretient avec un autre...

 

Alors Malo finit par dévoiler son homosexualité à Mehdi pour le rassurer. Mais en retournant au collège, il se rend vite compte que la nouvelle s'est propagée : moqueries et insultes commencent à fuser de toutes parts...

 A copier cent fois d'Antoine DOLE

 

"Papa m'a dit cent fois comment faudrait que je sois. Qu'un garçon, ça pleure pas, ça se laisse pas faire. Mais papa n'est pas là quand Vincent et ses potes viennent me chercher des crosses dans la cour. J'me prends des baffes, des coups de poing, et je dis rien, je serre les dents. J'en parle pas. Pour quoi faire ? Papa m'a dit cent fois qu'un garçon, ça règle ses comptes tout seul, que ça doit savoir se débrouiller, "comme un homme" il a dit. Quand je rentre du collège, papa n'est pas content, parce que ma chemise est déchirée ou qu'un bouton manque, que ma lèvre saigne et que j'sais pas quoi répondre quand il me demande si j'ai su me défendre. (...) Je bredouille, je tremble, parce qu'à force, j'ai l'impression qu'il est de leur côté. Pas du mien."

Sélection du Prix des Lecteurs en Seine 2014

 

♦ Une lentille égarée dans une boîte de petits pois de Jean-Luc LUCIANI

 

Dominique est différent des autres garçons. Il n'aime pas le foot et déteste se battre. Plutôt rêveur et solitaire, il adore la lecture et le théâtre, comme sa mère dont c'est le métier. Certains l'acceptent comme il est, comme le grand Gégé qui joue les gardes du corps, mais la plupart le rejette en le traitant de tous les noms, comme le gros Louis qui l'appelle régulièrement "petite tapette"...

Boys don't cry de Malorie BLACKMAN

 

Adam jubile en apprenant que son grand frère Dante se retrouve papa d'une petite Emma à l'âge de dix-sept ans : pour une fois ce n'est pas sur lui, l'homosexuel, que les regards accusateurs se portent...

 

Mais Josh et ses copains n'ont que faire de cette histoire de bébé. "Sale petite lopette", "pédale", "tarlouze" : la vue d'Adam les insupporte et bientôt les insultes laissent place aux coups...

 

♦ Tabou de Franck ANDRIAT

 

Des collégiens apprennent que leur camarade Loïc s'est suicidé à cause de son homosexualité... Une terrible nouvelle qui ouvre le débat sur ce sujet tabou au sein de la classe.

 

Un roman qui aborde l'homosexualité selon différents points de vue (l'homophobe, l'homosexuel, la meilleure amie) et qui encourage la discussion.

 

 

♦ Kiss de Jacqueline WILSON

 

Carl et Emily sont inséparables depuis tout petits. Cependant ils ont treize ans maintenant, et leur relation n'évolue pas dans le sens qu'aurait voulu la jeune fille... Amoureuse de Carl, Emily attend qu'enfin il l'embrasse ! N'ont-ils pas toujours dit qu'ils se marieraient un jour ? Mais Carl se fait de plus en plus distant, surtout depuis qu'il a changé de collège...

 

 

♦ L'été où papa est devenu gay d'Endre ERIKSEN

 

Comme ses parents viennent de divorcer, Arvid part cet été seul en vacances avec son père dans un petit village de Norvège. Là, il fait la connaissance d'Indiane et de son père Roger Berg, qui assume sans complexe son homosexualité. Arvid est un peu choqué, mais content d'avoir de la compagnie dans ce "Troudukku".

Sauf qu'un jour, Arvid surprend Roger Berg et son père en train de... s'embrasser. Au secours ! Papa n'est pas devenu homo, quand même ? En tout cas, Arvid va tout faire pour que cela n'arrive pas !

 

Un roman qui aborde l'homosexualité avec beaucoup d'humour !

 

Homosexualité féminine

Bouche cousue de Marion MULLER-COLARD

 

Comme chaque dimanche, Amandana, 30 ans, retrouve sa famille pour le déjeuner. Mais ce jour-là, l'atmosphère est encore plus tendue que d'ordinaire : son neveu Tom, qui a 15 ans, a embrassé un garçon... Ce qui horrifie ses parents et lui vaut une gifle monumentale de son grand-père.

 

Alors "Amande" décide d'écrire, pour Tom autant que pour elle, un épisode déterminant de sa propre adolescence. Car c'est sa propre histoire qui se répète à travers cette gifle, lorsqu'à 15 ans, elle est elle-même tombée amoureuse d'une fille...

A kiss in the dark de Cat CLARKE

 

Ayant fait connaissance sur internet, Alex et Kate se rencontrent pour la première fois à un concert. Leur complicité se confirme et l'attirance est indéniable.

 

Sauf que Kate ne s'est pas rendue compte qu'Alex était... une fille.

Des mensonges dans nos têtes de Robin TALLEY

 

Etat de Virginie, le 2 février 1959. Sarah fait partie des dix premiers lycéens noirs à faire leur rentrée au lycée pour Blancs. Mais malgré la décision de la Cour suprême, l'intégration est loin d'être acquise... Toute la journée, ce ne sont que injures, crachats, jets d'objets et autres agressions physiques ou verbales. Seule une certaine Judy et deux ou trois enseignants semblent les considérer avec un peu plus de respect. Et puis il y a cette fille rousse, Linda, que Sarah trouve si jolie... Mais si devenir amie avec une Blanche semble compliqué, en tomber amoureuse, c'est franchement aller au devant de graves ennuis !

◆ "Rouge Tagada", une BD de Charlotte Bousquet et Stéphanie Rubini

Gulf stream, 2013, 56 p.
Gulf stream, 2013, 56 p.

C'est la rentrée scolaire. Entourée de ses amis, Alex repère Layla, une nouvelle un peu perdue, jolie fille aux longs cheveux noirs et à la peau caramel. Bientôt, les deux filles deviennent les meilleures amies du monde ; elles font tout ensemble : devoirs, sorties, fous rires, club théâtre… Alex est ravie et voudrait que la situation dure éternellement.

Et puis Layla rencontre un garçon, s'éloigne de sa copine. Alex déprime, erre en solitaire dans la cour du collège. Subitement, Layla revient vers elle, lui propose un après-midi à la maison. Alex, aveuglée par l'affection qu'elle porte à Layla, accepte. Layla a en fait un service à demander à Alex : apprendre à embrasser… Un moment d'intimité qui va les bouleverser toutes les deux.

Texte : Ricochet

Le graphisme coloré allié à la simplicité des propos font de cet ouvrage une jolie histoire touchante accessible aux plus jeunes. Le récit, qui adopte le point de vue d'Alex, littéralement fascinée par Layla, est découpé en courts chapitres aux pages roses comme les fraises Tagada que les deux filles affectionnent. Des bonbons moelleux comme les sentiments qu'elles ressentent, et qui donnent aux baisers une agréable saveur sucrée... Pour une fois, l'homosexualité est abordée tout en douceur, même si au bout du compte tout n'est pas rose...

◆ "Le bleu est une couleur chaude" : BD de Julie Maroh

"L'amour n'est pas éternel mais nous, il nous rend éternels... Par-delà notre mort, l'amour que nous avons éveillé continue d'accomplir son chemin."

Glénat, 2013, 160 p.
Glénat, 2013, 160 p.

Cette bande dessinée a reçu le prix Angoulême du public ainsi que la palme d'or à Cannes pour son adaptation filmique, "La vie d'Adèle".


Parce qu'il est mignon et sympa, et surtout parce qu'il est fou amoureux d'elle, Clémentine accepte de sortir avec Thomas. Mais elle se rend rapidement compte qu'elle ne ressent aucune attirance physique pour lui...
En fait Clémentine n'arrive pas à oublier une certaine fille aux cheveux bleus croisée dans la rue... Cela ressemble même fort à un coup de foudre !
Mais est-ce normal d'être attirée par une autre fille ? se demande Clémentine. Et que vont penser ses camarades s'ils apprennent qu'elle est homosexuelle ? Faut-il avoir honte d'aimer ?

 

Une bande dessinée un peu longue mais touchante, qui nous fait ressentir de l'intérieur le tourbillon de sentiments bouleversant Clémentine. L'histoire est construite en flashback, puisqu'Emma (la fille aux cheveux bleus) lit le journal intime que Clem lui a remis et découvre a posteriori tous les obstacles que la jeune fille a pu rencontrer (interrogations personnelles, réactions de ses copains et de ses parents) avant de pouvoir s'abandonner à leur relation. Le graphisme, tout en camaïeu de gris, donne une impression générale de sobriété empreinte de tristesse qui se marie bien avec ce thème encore tabou qu'est l'homosexualité. Le bleu des cheveux d'Emma tranche joyeusement avec toute cette grisaille, comme un îlot de gaieté. Celle-ci fera découvrir l'amour et le désir à Clémentine mais à quel prix...

◆ Manga

Le mari de mon frère de Gengoroh TAGAME

 

Yaichi élève seul sa fille KanaMais un jour, son quotidien va être perturbé... Perturbé par l'arrivée de Mike Flanagan dans sa vie. Ce Canadien n'est autre que le mari de son frère jumeau qu'il n'a jamais revu depuis son départ dix ans auparavant ! Suite au décès de ce dernier, Mike est venu au Japon pour y réaliser un voyage identitaire dans la patrie de l'homme qu'il aimait. Yaichi n'a alors d'autre choix que d'accueillir chez lui ce beau-frère homosexuel, vis-à-vis de qui il ne sait pas comment se comporter.

 

 

◆ Pour les adultes

De mon enfance, je n'ai aucun souvenir heureux.

Editions du Seuil, 2014, 219 p.
Editions du Seuil, 2014, 219 p.

Depuis tout petit, Eddy a des "airs" comme disent ses parents : sa voix a des intonations féminines, il parle en agitant les mains, balance des hanches quand il marche. Il se comporte comme une gonzesse, dit-on dans son dos.

 

Bientôt, au collège, insultes et coups pleuvent. Pédale, pédé, enculé, tantouse, folasse... Des crachats dans la figure, des coups de poings et de pieds. Toujours les mêmes garçons, toujours le même couloir désert pendant la récré. Parce que Eddy ne veut pas que ça se sache, parce qu'il pense qu'on peut s'habituer à la douleur.

 

Et surtout parce qu'Eddy habite un "petit village picard de moins de 1000 habitants" bourrés de préjugés et d'intolérance...

Mon avis :

Alors bien sûr ce livre parle d'homophobie, avec son lot d'humiliations insoutenables et ses interrogations vaines ("Pourquoi suis-je comme ça ?")... Mais ce qui m'a surtout marquée, c'est la peinture de la misère sociale et intellectuelle des habitants de ce village où "rien ne change, jamais". L'auteur l'évoque sans concession, ce qui a d'ailleurs déclenché une polémique, ses proches et voisins n'ayant guère apprécié l'image qu'il donne d'eux !..

 

Il faut dire que de génération en génération, c'est le même pitoyable schéma qui se reproduit... Les garçons passent "du collège à l'usine", les filles deviennent caissières - quand elles ne tombent pas enceintes à 17 ans comme la mère d'Eddy. A 25 ans, on est déjà usé par la vie, à cause des mauvaises postures au travail qui bousillent le corps et du manque d'argent qui empêche de faire autre chose que regarder la télé. On noie son désarroi dans l'alcool, et l'ivresse conduit à une violence dont les épouses font souvent les frais. Vivant avec 700 euros par mois pour sept personnes, la famille d'Eddy survit dans une maison délabrée grâce aux colis de nourriture des Restos du coeur et à la pitié de l'épicière du coin.

 

La mère a bien essayé de travailler, mais dans ce milieu rural machiste, c'est à l'homme d'entretenir sa famille et il lui est insupportable que sa femme gagne plus que lui... Car ici les préjugés sont légion ! Il est primordial de prouver que l'on est "un dur", et de transmettre ces valeurs viriles à son fils ! Alors évidemment le pauvre Eddy donne l'impression à son père d'avoir failli dans son rôle d'homme... Dès lors aucun dialogue n'est possible et le jeune garçon n'a d'autre solution que d'encaisser en attendant de fuir ce monde qui fait de lui "un monstre".

 

Un témoignage sans concessions ni pudeur, où l'auteur expose ce qu'il a pu vivre - ou tout au moins ressentir - pendant son enfance. Malgré la construction en chapitres thématiques, on n'échappe pas aux digressions mais l'ensemble est fluide et se lit bien malgré la dureté des propos et le sordide de certains faits divers.

Avril 2014

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