A kiss in the dark

de Cat CLARKE

Une règle pour les garçons, une autre pour les filles. Deux poids, deux mesures. Voilà comment les choses fonctionnaient.

Robert Laffont, 2014, 395 p.
Robert Laffont, 2014, 395 p.

 

Ayant fait connaissance sur internet, Alex et Kate se rencontrent pour la première fois à un concert. Leur complicité se confirme et l'attirance est indéniable.

 

Sauf que Kate ne s'est pas rendue compte qu'Alex était... une fille.

 

De son côté, Alex n'a pas l'impression d'avoir cherché à tromper son amie, même si son allure est quelque peu androgyne.

 

Mais plus les deux filles se rapprochent, plus Alex rechigne à dire la vérité, de peur de perdre Kate. Elle doit désormais ruser pour entretenir le subterfuge... Et pourtant, la culpabilité la ronge...

Mon avis :

Des sentiments décrits avec justesse et pudeur, et une belle réflexion sur l'homosexualité.

Tout commence avec une interrogation sur les préjugés liés au sexe. C'est quoi, être une fille ? être un garçon ? Quand elle se regarde dans le miroir, Alex n'y voit aucune ambiguïté. Suffit-il de troquer la jupe de son uniforme scolaire contre un ensemble jean-sweat-Converse pour changer de sexe ? D'aimer faire du skate pour être taxé de "garçon manqué" ? Quand elle observe son frère aîné Jamie, Alex ne se reconnaît pourtant pas du tout dans son attitude. Séducteur respirant la confiance en lui, il semble à l'aise en toutes circonstances, assumant pleinement ce qu'il est. Est-ce à dire que la vie est "moins compliquée, d'une certaine façon" pour les garçons ?

Tomber amoureuse d'une fille, Alex ne l'avait même jamais envisagé. Son premier baiser, elle avait toujours pensé qu'il arriverait avec un garçon. Peut-être parce qu'elle était conditionnée (par la société) ? "Durant mon enfance, Barbie sortait avec Ken, les choses étaient sensées se passer de cette manière"...

Quoi qu'il en soit, ses sentiments sont profonds et sincères, et la transforment intimement : "Chaque jour qui passait, j'en apprenais un peu plus sur moi-même", "Étrange comme être amoureuse me faisait sentir plus fille, d'une certaine façon." Mais Alex s'enfonce toujours plus dans le mensonge, s'éloignant pour le coup de celle qu'elle est vraiment, faisant semblant d'être quelqu'un qu'elle n'est pas : complexe paradoxe ! Car pour elle, "un bonheur terni vaut mieux que pas de bonheur du tout"...

Et Kate alors ? Refuse-t-elle de voir la réalité en face ou bien n'a-t-elle réellement rien compris ? Parce qu'au bout du compte, elle est amoureuse d'un garçon qui n'existe pas... C'est dans la deuxième moitié du roman qu'on en apprend davantage sur sa perception de la situation puisque le récit bascule judicieusement de son point de vue. Cependant cette partie m'a moins accrochée, je l'ai trouvée un peu mélodramatique, tout comme la fin. Ce que l'on en retiendra avant tout, c'est l'idée que "l'amour pousse les gens à faire des trucs complètement dingues" et surtout que "quand on trouve l'amour, on serait prêt à faire n'importe quoi pour le garder"...

Février 2016

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