La famille Fantastique

scénario : Lylian, dessin : Drouin, couleurs : Lorien

1. Le prince Devil

- C'est sûr que pour monsieur le professeur d'histoire-géographie-je-sais-tout, ne pas parvenir à reconnaître un pays du premier coup d’œil, ça doit être un choc !

Glénat, 2016, 64 p.
Glénat, 2016, 64 p.

Sarah vit avec sa mère artiste peintre, Charles son beau-père prof d'histoire-géo et son demi-frère Léo le geekos.

 

Pour les vacances d'été, l'adolescente devait partir en Russie avec son père mais celui-ci a du retard. Alors la voilà obligée de suivre sa famille dans leur maison de campagne à restaurer.

 

Mais une fois dans la forêt, Sarah aperçoit un jeune inconnu habillé comme un prince médiéval... Puis c'est un monstre aux allures de Minotaure qui surgit, et d'autres créatures aux pouvoirs magiques qui les attaquent ! D' sortent-elles et que veulent-elles ?

Mon avis :

lire les premières pages
lire les premières pages

J'ai adoré la première partie de cette bande dessinée qui m'a d'emblée happée par son rythme et son humour. Le graphisme est très dynamique et coloré, la personnalité des personnages et les relations qu'ils entretiennent campée en quelques planches. Le style est très vivant, avec une mise en page explosive, et l'histoire, bourrée d'action, intrigue.

Malheureusement mon enthousiasme est retombé lorsque la famille Chanois découvre le peuple d'Akbar. Le scénario devient plutôt banal ("Un prince aux dons étranges, des jeux de pouvoir, des peuples en guerre. J'ai l'impression que, quel que soit le monde où on est, les hommes sont partout les mêmes."), les vignettes se font plus statiques et les phylactères se remplissent de texte, ce qui fait perdre l'impression première. Le dessin reste soigné avec de belles scènes ici ou là, mais l'intérêt faiblit. Si l'épisode se termine avec l'album, l'ultime vignette, faisant référence au père de Sarah, réactive le mystère autour du monde de Fantastica et du rôle que la jeune héroïne aurait à y jouer...

Patricia Deschamps, mai 2018

► Et aussi (mondes parallèles)


2. Les orphelins de Targas

Pour la petite famille qui avait connu les dangers et les mystères de la cité d'Akbar, la vie normale, de notre côté de l'univers, paraissait un peu plus fade chaque jour...

Glénat, 2017, 64 p.
Glénat, 2017, 64 p.

 

Depuis qu'elle s'est découvert des dons de magie, Sarah ne cesse de les tester... avec plus ou moins de succès. Mais ses essais attirent l'attention... et la voilà enlevée au milieu de l'école par une bande d'adolescents de Fantastica. Charles, le beau-père, Danielle la mère, Léo le petit frère et Vladimir le premier mari et père de Sarah, partent à sa recherche. Mais comment accéder à un portail vers l'autre monde ? Et pourquoi Sarah a-t-elle été enlevée ?

Mon avis :

Sans être novateur, le scénario est sympa et surtout le graphisme magnifique. J'ai eu un peu de mal à entrer dans l'histoire mais ensuite elle réserve quelques rebondissements appréciables. On suit deux intrigues en parallèle: d'un côté Sarah, à Fantastica, fait connaissance avec les enfants de Targas, des orphelins qui sondent les entrailles de la terre à la recherche de cristaux de pouvoir qu'ils donnent en offrande au sombre Malmorgas dans l'espoir de retrouver leurs parents. De l'autre, le reste de la famille suit Vlad jusqu'à l'île de Pâques dans l'idée d'accéder à un portail vers le monde parallèle. Le père de Sarah semble cacher des informations... à moins qu'il joue les manipulateurs? En tout cas plusieurs mystères planent sur ses expériences personnelles (il a fondé l'organisation NEOM pour lutter contre la pollution des mers, mais quel est le rapport avec Fantastica?), y compris avec Sarah avec qui il échange en secret sur les cristaux magiques. Le caractère de la jeune fille, plus forte tête que jamais (et même un brin "égoïste et prétentieuse"), apporte un relief  bienvenu à l'histoire. Comme pour le tome 1, l'aventure se clôt à la fin du volume.

Patricia Deschamps, août 2020

3. L'homme au parapluie

La vie est aussi belle que cruelle à Fantastica.

Glénat, 2017, 64 p.
Glénat, 2017, 64 p.

 

Un an s'est écoulé depuis les dernière aventures de la famille Fantastique. Chacun fait le deuil comme il peut... Sarah et Léo continuent de s’entraîner comme des vrais héros de contes, tandis que Charles noie sa peine au bistrot... Mais la vie doit continuer ! Et quand Anthony, le père de Danielle, fait son apparition, c'est une nouvelle aventure qui s'annonce, sur les traces d'un étrange magicien.

 

(4e de couverture)

Mon avis :

Ce dernier tome du cycle est, selon moi, le plus abouti des trois, même si la fin est un peu facile. L'apparition d'un nouveau personnage, Anthony le père de Danielle, sans véritablement relancer l'action, y apporte une touche supplémentaire de mystère. Par contre celui autour de Léo, qui se découvre, en début de volume, une force étrange, bestiale, au contact de la magie de sa sœur, aurait mérité être développé: cette capacité ne lui sera d'aucune utilité par la suite. Les scènes avec Max le magicien sont plutôt réussies: elle nous plonge dans la légende des 5 mages qui donne sa cohérence aux différentes aventures de la trilogie. Cette fois les héros se retrouvent dans la ville de Vénusia (aux allures de Venise avec ses canaux et ses "barges") où une pluie acide dissout quiconque reste dessous. Quant à Danielle, elle est devenue "un être malfaisant au service d'une entité plus puissante" et sa famille s'efforce bien entendu de la faire redevenir elle-même.

On a néanmoins le sentiment avec cette série que de nombreuses pistes sont lancées sans toujours avoir d'explications complètes et cohérentes. Son point fort reste selon moi son graphisme, impeccable de bout en bout, tout en couleurs vives et compositions dynamiques. Les amateurs peuvent retrouver la famille Fantastique dans le cycle suivant, "Fantastica".

Patricia Deschamps, août 2020

Retrouvez Takalirsa sur Facebook, Babelio, Instagram  Youtube, Twitter et Tik Tok

Making of d'une chronique