Pas de pitié pour les ratées. (p.193)

Quand Becca est transférée dans un lycée des beaux quartiers de la banlieue de San Francisco, elle n'a qu'une peur : ne pas s'intégrer. C'est avec surprise que les trois filles les plus populaires de l'école vont l'accueillir à bras ouverts au sein de leur groupe. En apparence parfaite, les nouvelles amies de Becca cachent pourtant un lourd secret qui ne se révèlera qu'à la pleine lune.
Mon avis :
Dans cette bande dessinée très colorée, on suit un groupe de filles populaires "régi par des règles secrètes". Régime, look: la bande d'Arianna donne "l'impression de jouer la comédie", de porter un masque. Et pourtant, Becca la petite nouvelle est fière d'avoir été intégrée aussitôt arrivée dans le lycée, tant est fort son désir d'appartenir à une sororité ("Pour une fois, j'avais ma place."). Mais est-ce vraiment un hasard? Quel potentiel ces filles ont-elles décelé en elle?
Au moment où je me dis que l'intrigue est longue à démarrer a lieu la première transformation. Comme la quatrième de couverture le laisse deviner, chaque mois, le soir de la pleine lune, Riri, Amanda et Marley deviennent loups-garous et doivent se nourrir. J'ai aimé le petit côté féministe qui les pousse à "chasser les mecs, les pires d'entre eux". Ces moments-là renforcent le sentiment de puissance des filles. Par contre j'ai trouvé que le graphisme était parfois expédié, et j'ai surtout regretté les nombreuses grossièretés ("bite" trois ou quatre fois, "couilles", "connasse", "cul"... ça fait beaucoup).
Le récit passe en mode thriller avec la mort imprévue de Thatcher, le petit ami d'Arianna. Les autorités font le lien avec les autres disparitions, ce qui créent des tensions au sein du groupe et qui s'ajoutent, pour l'héroïne Becca, à celles qu'elle vit dans les relations avec sa mère.
De là devra se faire le choix de conserver sa popularité et son pouvoir en assumant son statut de loup-garou, ou bien de revenir à une vie certes plus simple, plus discrète, mais plus authentique: "Nous étions bien mieux qu'avant. Mieux que quand nous étions populaires" car "Ce n'était pas nous". Il n'y a rien de plus épanouissant que d'être libre d'être soi et de se faire accepter comme tel !
Patricia Deschamps, février 2026
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