Si longue soit la nuit

roman de Christophe LAMBERT

Fleurus, 2021, 213 p.
Fleurus, 2021, 213 p.

 

Ils sont cinq. Cinq ados prisonniers de leur lycée désert, par une nuit sans lune et sans étoiles, incapables de se rappeler comment ils sont arrivés là. Et tandis que d'étranges aurores boréales illuminent le ciel, tandis que les eaux du fleuve bordant l'établissement montent anormalement, menaçant de les engloutir, une créature rôde dans les couloirs. Une créature qui les pourchasse sans relâche...

 

(4e de couverture)

Mon avis :

Le début commençait bien, je trouvais le récit rythmé, avec une certaine tension (l'eau qui monte, la créature dans le couloir...) ainsi que du mystère autour de la situation: comment ces cinq jeunes se sont-ils retrouvés enfermés de nuit dans le lycée? Sont-ils dans un jeu vidéo virtuel, un jeu de rôle? Et puis mon intérêt s'est évaporé au fil des lieux communs.

 

On a tout d'abord cinq adolescents que tout oppose. Laura la première de la classe, Calista la BG youtubeuse, Johnny la brute, Danny l'apprenti écrivain (qui ne va pas sans évoquer l'auteur lui-même) et Andrew l'handicapé surdoué. Les points de vue alternent et les histoires personnelles (guère captivantes) se superposent à l'intrigue principale qui perd en intensité (la quatrième de couverture m'a vendu "un thriller psychologique et fantastique"). Je crois que j'ai commencé à décrocher avec la scène du "Action ou Vérité" (que c'est convenu!)...

 

Par contre j'ai bien aimé l'idée d'une créature adoptant un aspect différent en fonction des phobies de chacun ("Elle se nourrissait de nos peurs les plus profondes"). Pour Danny, c'est The Thing de John Carpenter. Comme souvent chez Christophe Lambert, professeur de scénario dans une école audiovisuelle, les références filmiques sont inévitables, tout comme celles à Stephen King (d'ailleurs son héros a le même prénom que celui de Shining). Ca finit par être pesant et une fois encore, à diminuer l'intensité du récit selon moi.

 

Au final les jeunes héros devront affronter leurs hantises... mais qui n'ont rien d'irrationnel. Et c'est une fois "libéré du poids de la culpabilité" que chacun obtiendra réponse à la drôle de situation dans laquelle le groupe s'est retrouvé (cette fois on pense plutôt à Carrie). Pourquoi pas.

 

Patricia Deschamps, octobre 2021


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