Boom

roman de Julien DUFRESNE-LAMY

Les larmes, c'est pareil à un muscle. Ça se contrôle. Ça n'a rien à voir avec le chagrin.

Actes Sud junior, 2008, 110 p. (D'une seule voix)
Actes Sud junior, 2008, 110 p. (D'une seule voix)

 

Etienne était l'ami fêtard, l'incorrigible. Timothée, le garçon bien éduqué aux drôles de tics - il disait boom tout le temps.

 

Une belle aventure de trois ans jusqu'à ce voyage scolaire à Londres. Jusqu'à ce que Timothée soit fauché par un fou de Dieu sur le pont de Westminster.

 

Depuis la tragédie, Etienne cherche les mots. Ceux du vide, de l'absence. Etienne parle à son ami disparu en ressassant les souvenirs, les éclats de rire. Un monologue pudique et fort sur la culpabilité du survivant.

Mon avis :

En plein deuil, un adolescent revient sur l'histoire d'amitié qu'il a vécue avec celui qu'il a perdu.

Dans ce long monologue, Etienne s'adresse à son copain Timothée comme pour un dernier au revoir. Il alterne entre son désespoir présent et un retour sur des événements passés allant de leur rencontre jusqu'au drame, en passant par tous les moments mémorables qu'ils ont vécu ensemble.

 

On sent qu'Etienne culpabilise par rapport à la mort de son ami dont il se sent responsable et cela crée un léger suspense. D'ailleurs il passe beaucoup de temps avec la petite sœur de son ami ("je veille sur elle pour me faire pardonner"). Mais à côté de ça, le récit est un peu monotone, et même vaguement ennuyeux. On se demande pourquoi le narrateur donne autant de détails insignifiants sur leur amitié somme toute banale. Pour donner plus de poids à la perte? Les deux garçons avaient une personnalité radicalement différente ("le gentil môme malin et le rebelle à la con") et l'on sent qu'Etienne le fêtard désinvolte admirait beaucoup Timothée le posé charismatique. Et pourtant on n'y croit pas vraiment à ce chagrin. Etienne parle beaucoup mais sans vraiment trouver les mots qui (me) touchent.

 

Soudain il évoque les petits défauts de son copain (dont le fameux "boom" qu'il dit tout le temps) et le passage prend une tournure intéressante: "personne ne parle de tes tares" parce que ce n'est pas de bon ton quand quelqu'un est mort, cependant il n'était pas si parfait ce Timothée. De même j'ai apprécié l'allusion à l'hypocrisie de tous ceux qui se donnent en spectacle alors qu'ils connaissaient à peine l'adolescent décédé. Mais une fois encore, tout est survolé et l'on reste sur sa faim.

Quant à la fin, elle m'a laissée perplexe. Soit je ne l'ai pas comprise (Etienne avoue être incapable de se projeter dans l'avenir et c'est tout), soit il n'y a aucun message particulier dans ce livre qui n'est, somme toute, qu'un témoignage quelconque.

Octobre 2019


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