Un secret

de Philippe GRIMBERT

♦ Roman adulte

Depuis que je pouvais les nommer, les fantômes avaient desserré leur étreinte.

Grasset, 2007, 191 p. (Le livre de poche) - cliquer pour voir la BA
Grasset, 2007, 191 p. (Le livre de poche) - cliquer pour voir la BA

Dans le Paris de l'après-guerre, la famille Grimbert coule des jours paisibles entre leur boutique de la rue du Bourg-l'Abbé et le stade et la piscine où les parents, sportifs émérites, entretiennent leur physique d'athlète. Leur fils, lui, de faible constitution et de santé fragile, se tient éloigné des joies du sport, préférant collectionner les bonnes notes à l'école, dans l'espoir de laver la déception qu'il croit lire dans les yeux de son père.

 

Du passé de Maxime et Tania, il ne sait rien, mais il aime à imaginer leur première rencontre, leurs premiers émois et leurs années de guerre, derrière la ligne de démarcation, loin de Paris dont ils ont fui les restrictions. Pour se consoler de sa solitude, il s'est inventé un frère aîné, grand, beau, fort et sûr de lui, un frère avec lequel il se chamaille, se bagarre, un frère qui serait la fierté de ses parents.

 

Il a quinze ans quand Louise, voisine et amie de la famille, lui confie le lourd secret que ses parents lui cachent depuis toujours, un secret qu'il pressentait mais dont il n'imaginait pas l'impact sur ses parents et sur lui-même. 

Texte : sandrine57 pour Babelio

Mon avis :

Une histoire d'amour sur fond de guerre.

Dans les premiers chapitres, le jeune narrateur extrapole sur ses parents qu'il admire ("la beauté de ma mère, l'élégance de mon père"), imaginant une version idéalisée de leur passé et décrivant la passion profonde qui les unit - bonheur dont il se sent exclu. Leur judaïsme est évoqué mais sans être nommé clairement : il est question de "la carrure d'athlète de Maxime qui fait oublier ses origines" et des questions sur son patronyme (modifié) : "régulièrement on m'interrogeait sur les origines du nom Grimbert". Les propos ne sont pas très clairs, pleins de non-dits, du fait justement du point de vue adopté, enfantin et incomplet. Et en même temps on devine quelle sera la teneur dudit secret.

 

Puis la vérité émerge, à travers le récit de Louise qui adopte le point de vue des principaux protagonistes, et l'on se rend compte que la réalité est beaucoup plus tortueuse et torturée que les affabulations de l'adolescent : ses parents n'ont pas été "moins éprouvés par la guerre" que les autres, même si celle-ci ne reste qu'un arrière-plan durant tout le roman. Ne comptez pas apprendre quoi que ce soit sur le conflit, cette intrigue est avant tout sentimentale. Il y est question de sacrifice par amour (ou par rejet, c'est selon), d'amour absolu "à la vie, à la mort" et de pardon ("Je venais de délivrer mon père de son secret").

 

Pour le héros, ce secret révélé sera une libération à tous points de vue, et la transformation qui suivra se ressentira aussi bien psychologiquement que physiquement : "Je ne succombais plus sous le poids de ce silence", "Louise m'avait permis de dissiper les ombres, m'avait restitué mon histoire". Mais personnellement, je n'ai fait que la parcourir, sans que rien ne m'accroche véritablement (à part au moment de "l'acte d'Hannah"), et j'ai même trouvé que certains passages versaient dans l'excès de sentimentalisme.

Juin 2018


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