Le poing levé

roman de Simon STRANGER

Prenez du plaisir à porter ce tee-shirt.

Les esclaves qui l'ont cousu n'en ont pas eu.

Bayard, 2019, 247 p.
Bayard, 2019, 247 p.

Émilie, 17 ans, est norvégienne. Et comme beaucoup de filles de son âge, elle aime faire les boutiques et rêver aux garçons sans penser au lendemain.

 

À l'autre bout du monde, Reena, 12 ans, se tue à la tâche dans une usine du Bangladesh, où elle coud des vêtements destinés aux grands magasins.

Un univers sépare les deux jeunes filles.

 

Tout change le jour où Émilie rencontre Antonio. Car le garçon appartient aux «Sauveurs du Monde», un petit groupe politisé qui mène des actions clandestines contre les grandes compagnies industrielles, comme celle qui embauche Reena...

 

(4e de couverture)

Mon avis :

Quand des jeunes s'engagent contre "l'exploitation des gens du tiers monde".

Tout commence par un après-midi shopping entre copines. Alors qu'elle cherche une robe pour une soirée, Emilie rencontre Antonio, un garçon militant en toute discrétion contre "les usines à esclave" de l'industrie textile en Asie. Pour mieux comprendre la réalité quotidienne des ouvrières, on suit en parallèle des instantanés de vie d'une jeune fille au Bangladesh. Comme Emilie, Reena rêve d'amour, de rencontrer le garçon qui fera battre son cœur. Mais la comparaison s'arrête là... et la légèreté de ton ne durera pas.

 

Avec Antonio, Emilie prend conscience que "quand quelque chose est bon marché, il y a en fait quelqu'un qui en paie le prix" et elle adhère à l'association "Les Sauveurs du monde" qu'il a fondé avec quelques amis afin "d'informer les gens ce qu'ils achètent" et "d'essayer de changer les choses". Le petit groupe organise des actions de boycott en espérant qu'elles trouveront un maximum d'écho dans les médias.

 

Lorsqu'après avoir évoqué l'industrie du chocolat en Côte d'Ivoire et l'industrie de l'électronique en Chine ("Ordinateurs, iPads, iPhones, iPods: ces objets ont maintenant un arrière-plan avec des relents d'esclavage et d'exploitation d'ouvriers pauvres", l'auteur s'attèle à l'élevage de poulets en batterie, j'avoue que le roman a commencé à me sembler bien pesant et culpabilisant. D'autant qu'aucune solution n'est vraiment apportée pour éviter de contribuer au système. Certes on peut consommer des produits labelisés "commerce équitable" et acheter aux producteurs respectueux des animaux. Mais il n'est pas toujours possible de faire réparer ses appareils au lieu de les changer... Et où acheter ses vêtements?

 

L'histoire se termine d'ailleurs brutalement: Emilie et Antonio comprennent qu'ils sont allés trop loin dans l'illégalité et qu'ils vont payer cher leur engagement. Alors comme le père de l'adolescente, je reste un peu sur mes interrogations ("Je me demande ce qu'on peut y faire"), avec le sentiment que l'histoire soulève un problème dont la résolution nous échappe...

Patricia Deschamps, mai 2021

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