La case de l'oncle Tom

d'Harriet BEECHER-STOWE (1811-1896)

source image : Wikimedia commons
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Harriet Elizabeth Beecher naît dans le Connecticut (côte est des Etats-Unis) le 14 juin 1811. Fille d'un pasteur protestant, elle reçoit une éducation stricte et austère. Plus tard, elle épouse le pasteur Stowe qui, comme elle, est partisan de l'abolition de l'esclavage.

 

En 1850 est votée une loi qui oblige les citoyens américains à dénoncer les esclaves fugitifs, même dans les Etats du nord des Etats-Unis où l'esclavage n'existe pas. Révoltée par cette loi, Harriet Beecher-Stowe écrit La Case de l'oncle Tom, roman qui, après avoir été publié dans un journal sous la forme d'un feuilleton à partir de 1851, est édité en livre en 1852. 

 

Ce roman, qui montre la cruauté avec laquelle sont parfois traités les esclaves, contribue à durcir le débat entre les abolitionnistes et les partisans de l'esclavage. Débat qui aboutit à la guerre de Sécession (1860-1865), une guerre civile entre les Etats du Nord (antiesclavagistes) et ceux du Sud (esclavagistes). Après la victoire des Nordistes, le président Abraham Lincoln a rendu hommage à Harriet Beecher-Stowe : elle fut, selon lui, "la jeune femme qui gagna la guerre".

Source : Virgule n°34 d'octobre 2006

Osez me dire qu'un homme doit travailler toute sa vie, depuis l'aube jusqu'au soir, sous l’œil vigilant d'un maître, sans pouvoir manifester une fois une volonté irresponsable... courbé sous la même tâche monotone et terrible, avec tout juste assez de nourriture pour être en état de continuer sa tâche... oui, qu'un homme me dise qu'il est indifférent à une créature humaine de se voir traitée de cette façon...

Le livre de poche (texte intégral)
Le livre de poche (texte intégral)

Dans l'Etat du Kentucky, au 19e siècle.

M. Shelby est un bon maître qui prend soin de ses esclaves. Parmi les plus anciens : l'oncle Tom, son fidèle serviteur à qui il a promis de rendre sa liberté.

 

Mais des soucis d'argent surviennent et M. Shelby se voit dans l'obligation de vendre l'oncle Tom à un marchand d'esclave, Haley... Ce dernier, fin négociant, obtient également un enfant mulâtre, Henry, fils de la femme de chambre de Mme Shelby, Elisa.

 

Homme plein de sagesse, Tom se résigne à son sort. Mais pour Elisa, hors de question qu'on lui arrache son fils ! Alors elle s'enfuit avec lui pendant dans la nuit...

Furieux, Haley la prend en chasse dès le lendemain...

Mon avis :

Une fresque de l'Amérique esclavagiste autour d'une galerie de personnages foisonnante.

On suit, dans ce roman, deux histoires parallèles (celle de l'oncle Tom et celle d'Elisa) ainsi qu'une multitude de vies qui se croisent. En effet, l'auteur aime détailler le portrait des différents protagonistes rencontrés, tout comme elle s'attache à décrire les scènes de la vie quotidienne (un intérieur, un repas, un moment de convivialité, etc.). Il en résulte deux sentiments contradictoires : d'un côté, on a l'impression de voir tout un monde, riche et vivant, se construire sous nos yeux. De l'autre, cette peinture détaillée engendre des longueurs nuisant au rythme de l'action.

Autre particularité du texte : l'auteur aime interpeller son lecteur pour le prendre à partie, encourageant sa réflexion ou bien sa compassion. L'écriture est passionnée, presque exagérée, nous faisant passer d'éclats de rire en (nombreuses) scènes de larmes, l'auteur partageant avec nous son enthousiasme pour telle conviction ou telle émotion. On le sait : Harriet Beecher-Stowe, vive partisane de l'abolition de l'esclavage, cherche, avec ce roman, à convaincre. Et elle y met beaucoup d'ardeur !

Son personnage principal, l'oncle Tom, est un esclave intègre qui "n'a jamais manqué à son devoir" envers ses maîtres. L'injustice de ce qui lui arrive est d'autant plus saisissante. Certes, ses différents propriétaires le respectent et le choient, et il rencontrera sur sa route aussi bien des personnes pleines de préjugés (comme l'horripilante Marie Saint-Clare, qui, de plus, se targue d'être chrétienne) que remplies d'empathie (comme la petite Evangéline, pour qui la bonté fait tellement plus que l'argent) et promptes à défendre les droits des Noirs. Mais il n'empêche qu'il ne sera jamais remercié à sa juste valeur : en gagnant sa liberté. Même bon, un maître reste un esclavagiste...

Un roman plein de vie et de drames, visant à sensibiliser à la dure et inhumaine condition d'esclave, par une auteure directement en prise avec la problématique.

Mars 2016

 

 

 

Ce roman m'a rappelé un film de Spielberg, "La couleur pourpre" (1986)... J'ai dû le découvrir à peu près à la même époque que La case de l'oncle Tom !

A savoir

Gallimard jeunesse, 2017, 488p. (Folio junior)
Gallimard jeunesse, 2017, 488p. (Folio junior)

A l'occasion des nouveaux programmes, notamment celui de 4e "Individu et société : confrontations de valeurs", le titre fait peau neuve dans la collection Folio junior. L'édition du texte intégral y est enrichie de notes de vocabulaire en bas de pages et d'un carnet de lecture proposant une brève biographie de l'auteur, une mise en contexte de l'oeuvre à sa publication et sa réception par le public de l'époque, une analyse succincte de la structure de l'oeuvre et des personnages, ainsi qu'une ouverture vers d'autres textes sur l'esclavage notamment à l'époque des Lumières (Candide de Voltaire, Ziméo de Saint-Lambert).

Mai 2017

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