Une saison pour mourir

de P.C. ROSCOE

Hachette, 2026, 348 p.
Hachette, 2026, 348 p.

Les vacances sur l’île ultra-exclusive de Mokani ont toujours été le point culminant de l’année d’Avery Finch. C’est l’occasion de passer du temps au paradis avec d’autres familles aussi aisées que la sienne. Mais cet été, tout est différent et la tension est immédiatement palpable. Les parents d’Avery tentent désespérément de dissimuler leurs problèmes financiers, son ex Hugo n’arrive pas à se remettre de leur séparation, et sa meilleure amie Sidney agit bizarrement. Leo, qui porte maintenant un uniforme d’employé, ne peut s’empêcher de la regarder. Et personne n’aime Nora, la colocataire d’université qu’Avery a invitée sur l’île et qui ne cesse de mettre son nez là où il ne faut pas. Tout le monde cache quelque chose, et certains secrets valent la peine de tuer...

Mon avis :

La couverture est belle, le résumé alléchant mais la lecture décevante. Etant donné le prologue (qui annonce un meurtre) et l'avertissement en exergue, on s'attend à des tensions, de la séduction, des drames. Or, si les protagonistes se provoquent, il ne se passe rien de particulier durant la majeure partie du roman.

 

C'est davantage une romance qu'un thriller. L'intrigue tourne essentiellement autour d'Avery, de son ex Hugo qui n'a toujours pas accepté leur séparation et de Leo que la jeune femme aime en secret et vice-versa (ce sont les trois narrateurs). Malgré leur âge (ils sont étudiants), les échanges amoureux sont naïfs voire niais. Tous (il y a aussi Sidney et Archie, les jumeaux) jouent les adultes en herbe mais se comportent comme des gosses.

 

J'ai passé mon temps à attendre un drame ou au moins un secret croustillant mais je n'ai rien trouvé de bien palpitant à la triche à un partiel ou à l'adultère d'un des parents... Reste le thème des inégalités sociales à travers le personnage de Leo: fils d'un des employés, il a grandi auprès des gosses de riches mais se trouve désormais dans l'obligation de rejoindre le clan des domestiques pour gagner sa vie. Leo a bien du mal à trouver sa place.

 

Si les parents des héros vivent dans un luxe obscène, ils font aussi subir leurs exigences "d'accro à la perfection" à leur progéniture qui doit se plier aux apparences, à l'ambition et à un avenir planifié qui ne lui correspond pas. Néanmoins on ne compatit à aucun moment à ces adolescents élevés dans un monde matérialiste, surtout lorsqu'on lit à la fin que l'héroïne va se prendre une année sabbatique pour réfléchir à ce qu'elle veut faire... en faisant le tour de l'Europe!

 

Bref, même si le personnage de Nora, l'invitée surprise, vient bousculer tout ce petit monde, j'ai dans l'ensemble trouvé cette histoire quelque peu ennuyeuse.

 

Patricia Deschamps, mars 2026



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