Six contre un

Cécile ALIX

Je suis deux fois plus lourd qu'eux, j'ai un physique de bulldozer, alors pourquoi je réagis comme un moineau ?

Magnard jeunesse, 2018, 92 p. (Presto)
Magnard jeunesse, 2018, 92 p. (Presto)

 

Chaque jour, Ludo est bousculé, moqué, humilié par six garçons de son collège. Il finit par penser que s'il est maltraité et persécuté c'est peut-être sa faute, parce qu'il est trop gros...

 

Il n'a pas assez confiance dans les quelques amis qui lui tendent la main. Et par ailleurs il a peur de compliquer la vie de sa mère qui l'élève seule. 

 

Alors il se tait et il encaisse. Les intimidations, la peur, et même les coups. Et il sombre peu à peu...

 

(Texte : nouveautes-jeunesse.com)

 

Mon avis :

Écrit à la première personne, ce récit est particulièrement émouvant parce qu'il nous fait vivre la situation de l'intérieur. "J'ai mal, j'ai peur, j'ai honte" avoue le jeune harcelé pour qui "le collège, des fois, ça ressemble à la guerre"... Tyrannisé par Julien et sa bande, il subit des agressions ouvertes (insultes, coups) mais aussi plus insidieuses : les garçons traînent devant son immeuble, sous ses fenêtres, entretenant ainsi une certaine tension, une menace planant constamment ("Je suis tétanisé devant eux", "Ils me pourrissent la vie").

 

En italique apparaît ce que Ludo pense sans oser le dire. La peur des représailles qui fait qu'il n'ose pas sortir du silence malgré l'évidence ("Il ne me lâchera jamais"), la solitude parce que les copains ont choisi "la tranquillité assurée", la culpabilité de donner du souci à sa mère qu'il veut préserver, les solutions évoquées par les adultes qui lui semblent toutes "complètement idéalistes". Alors Ludo donne le change à la maison tout en s'empiffrant la nuit ("comme si toutes ces calories rechargeaient mes batteries"), refuse l'aide qu'on lui propose (notamment de son professeur monsieur Germain) et envisage le suicide comme la solution...

 

Finalement le salut viendra de sa camarade Alice, qu'il fuyait pour la préserver des harceleurs, et qui imposera sa présence et son soutien. Un premier pas qui libérera, enfin, la parole, et enclenchera toute une procédure officielle et psychologique vers le "lâcher prise", afin que l'adolescent "arrête de survivre et accepte de vivre".

Décembre 2018



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