Sept jours pour survivre

Nathalie BERNARD

Sans pratiquer aucune religion particulière, elle avait toujours pensé que l'univers pouvait nous aider ou nous pénaliser en fonction des choix et des énergies qu'on lui balançait.

Thierry Magnier, 2017, 252 p.
Thierry Magnier, 2017, 252 p.

 

Nita, une adolescente amérindienne, est kidnappée à Montréal le jour de ses 13 ans et se réveille dans une cabane perdue au cœur de la forêt canadienne enneigée. Qui l'a emmenée ici et pourquoi ? Une chose est sûre : c'est seule qu'elle devra affronter les pires prédateurs.

 

Du côté des enquêteurs, les indices sont rares. Une course contre la montre s'engage. Nita a sept jours pour survivre.

 

(4e de couverture)

Mon avis :

Une histoire prenante de meurtre rituel au cœur de la forêt canadienne.

Ce thriller a pour cadre original Montréal et sa région. L'enquête est menée par le "patrouilleur" Gautier Saint-James qui, une fois le kidnapping (et non la fugue) avéré, fait appel au "lieutenant-détective" Valérie Lavigne. Les points de vue alternent entre le duo policier et la jeune fille enlevée, Nita. Séquestrée dans une cabane isolée et enneigée, celle-ci doit faire face à un psychopathe ainsi qu'à d'autres dangers liés à sa survie tels que le froid, la faim et les animaux sauvages. Pour mieux trouver le courage d'affronter la situation, elle s'imagine dans sa série préférée, The Walking dead, son bourreau jouant le rôle du zombie ! Cela la rend touchante, d'autant plus qu'on ne sait pas grand chose d'elle.

 

Chaque chapitre correspond à une journée et est illustré d'une maxime ("Leçon n°1: Il suffit d'une seule seconde pour faire basculer une vie", "Leçon n°2 : Quand tout semble perdu, trouver ses ressources cachées", etc.). Peu à peu, Nita prend conscience des petits bonheurs du quotidien qu'elle ne sait pas apprécier à leur juste valeur : avec sa mère ("Elle se mit à penser que si elle mourait ici, elle ne reverrait jamais sa mère. Dans ce cas, quel serait leur dernier souvenir ensemble?"), avec sa meilleure amie Rébécca ("Elle avait été injuste et elle l'avait blessée."), à ce garçon qu'elle trouvait mignon ("Si elle s'en sortait vivante, elle irait voir ce Paul et elle lui parlerait!").

 

On comprend que ses origines amérindiennes sont liées à ce qui lui arrive mais il faudra attendre l'épilogue pour avoir le fin mot de l'histoire. Ses parents, quelques années auparavant, avaient déjà subi des insultes à caractère raciste ("Pute à Indien!") et son père espère "qu'ils vont faire autant de recherches que pour une Blanche"... Quand l'enquête révèle l'importance d'indices tels que "la pleine lune" et "l’œil de chaman", l'intrigue s'oriente vers le "crime sacrificiel", le "rituel libérateur", et prend une dimension mystique intrigante. L'épreuve a d'ailleurs pour l'adolescente une dimension initiatique : "Une partie de ce qu'elle était avant était restée là-bas, dans les bois." Si l'écriture manque quelque peu de style, on se laisse facilement embarquer par ce roman aux allures de contre-la-montre et on apprécie la réflexion historique et politique sur le traitement infligé aux Indiens aux 19e et 20e siècle sous-jacente à l'enquête.

Novembre 2018

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