Partager les grandes aventures de l'enfance aide à devenir un adulte accompli. (p.112)

C’est le début des grandes vacances et Estéban a le moral en berne : Théo, son meilleur copain, qui habitait dans le même immeuble que lui rue Stendhal à Paris, a déménagé à Marseille. Estéban s’ennuie ferme. Certes, il y a Lola et Idris, qui comme lui restent chez eux pendant l’été, mais ce n’est pas la même chose qu’avec Théo. Son horizon commence à s’éclaircir avec l’arrivée de nouveaux locataires et de leurs trois enfants : Bruno l’intello et ses soeurs chipies Rosalie et Emilie.
Mais c’est la rencontre avec le vieux monsieur du quatrième étage qui va transformer l’été en un moment inoubliable. Passionné de littérature, Monsieur Faure se prend d’affection pour cette bande un peu désœuvrée et lui organise un formidable jeu de piste surprise dans le cimetière du Père-Lachaise...
Mon avis :
Voici un petit roman plein de vie, à l'écriture dynamique. Les enfants de la rue Stendhal, s'ils sont conscients des inégalités sociales dans leur immeuble, n'en demeurent pas moins ouverts aux autres et curieux de ce qui les entoure. Le narrateur, Estéban, vit seul avec sa mère. Pour lui, sa petite voisine Lola est "la plus jolie fille de la planète". Il y a aussi Idris, qui vient du Sénégal, et depuis peu, les nouveaux: Bruno l'intello et ses deux jeunes sœurs. Ils forment un groupe hétéroclite mais qui va être fédéré par M. Faure, le voisin du quatrième qui aime tant la langue française.
L'amour de la lecture est un thème cher à l'autrice. En embarquant Estéban et ses copains dans son jeu de piste au cœur du Père-Lachaise, M. Faure les amène à découvrir les curiosités du cimetière et certains "auteurs morts" célèbres qui y sont enterrés. Les enfants font ainsi connaissance avec Oscar Wilde, Paul Eluard, Colette... C'est bien amené, à travers des énigmes ludiques qui attisent leur curiosité pour certaines histoires (comme "Poil de Carotte", le surnom d'Estéban). Ils se retrouvent même à la bibliothèque où ils redécouvrent les lectures à voix haute ("On n'est jamais trop grands pour aimer entendre des textes lus à haute voix") !
Certains passages sont très drôles, les enfants faisant de nombreuses rencontres au cimetière (où M. Faure a bien des complices !): des personnages passionnés mais parfois un peu farfelus ("Il y a tout de même des gens bizarres dans ce cimetière! Mais j'aime bien.")! J'ai également beaucoup apprécié la version toute personnelle qu'Idris fait de "La cigale et la fourmi"! Sans oublier le petit clin d’œil de l'autrice qui se met en scène à la fin du roman.
C'était une lecture bien sympathique!
Patricia Deschamps, mars 2026