Plus de morts que de vivants

de Guillaume GUERAUD

De la panique plein les yeux.

Des cris plein la bouche.

Toute la classe accrochée aux barbelés de la peur.

Rouergue, 2015, 250 p. (doAdo noir)
Rouergue, 2015, 250 p. (doAdo noir)

A la veille des vacances d'hiver, un vendredi matin au collège Rosa Parks de Marseille.

C'est une journée comme les autres qui commence pour Matt, Nino, Slimane et leurs camarades. Enfin, pas tout à fait : à partir de ce soir, c'est détente assurée pour les 647 élèves de l'établissement ! Sauf qu'en réalité, un terrible fléau va décimer la plupart d'entre eux...


Tout commence dès 8 heures avec Corentin dont le sang jaillit en flots des narines, et Yasmine dont les cheveux tombent en touffes épaisses jusqu'à dévaster son crâne. Tous deux meurent quelques minutes plus tard. Ils sont bientôt suivis de la CPE qui vomit d'énormes glaires noires, de Kévin dont la bouche se désagrège complètement de l'intérieur, et d'Anouk dont le ventre éclate.


Cinq morts en moins de deux heures : une équipe médicale est envoyée sur place pour comprendre ce qui se passe... tandis que les élèves continuent de tomber comme des mouches dans d'atroces souffrances. Quelle est la cause de cette incroyable hécatombe ? Un virus inconnu particulièrement virulent ? Mais comment se transmet-il ? Les médecins réussiront-ils à sauver les collégiens à temps ? 

Mon avis :

Quelle claque ! Je ne connaissais pas Guillaume Guéraud et je dois dire que son style brut au rythme saccadé, avec ses phrases courtes et son vocabulaire familier, balance les mots comme des uppercuts ! Ajouté à ce scénario catastrophe de virus foudroyant qui se déroule en huis-clos, on obtient un roman oppressant et gore à souhait qui tient en haleine jusqu'au bout.

Car une fois le titre lu, tout est dit : les cadavres s'amoncellent au fil des pages, dans des descriptions plus horribles les unes que les autres (les amateurs seront servis), d'autant plus que le drame se déroule dans un lieu familier - l'ambiance de l'établissement est d'ailleurs parfaitement rendue. Le récit principal alterne avec des communications téléphoniques (le chef d'établissement, l'hôpital, le Recteur, les spécialistes...) et avec des flashs infos, qui nous donnent un aperçu de l'événement vu de l'extérieur. Toutes les autorités (in)compétentes sont bien sûr dépassées et les réactions inappropriées.


Dans le collège confiné, c'est la panique. Le virus frappe soudainement et tue de manière si fulgurante que les élèves l'appellent "la foudre", l'assimilant à une intervention surnaturelle voire à une punition divine. La paranoïa s'installe, d'autant plus que le virus attaque "à chaque fois de façon différente". Pour les scientifiques, c'est ISOLA (Infection Spontanée de l'Organisme avec Lésions Anarchiques), ce qui ne va pas sans rappeler une autre épidémie, bien réelle celle-là : Ebola... Même sentiment d'être démuni, voire pire, d'être indifférent : isolons les contaminés, laissons-les attendre la mort au milieu du charnier pendant qu'ailleurs on poursuit sa petite vie tranquille, et s'ils tentent de s'échapper, abattons-les, il en va de la sécurité nationale !

A la lecture de ce roman, la pandémie mondiale vous semblera une cause tout à fait crédible de l'extinction de l'humanité...

Mars 2015

L'avis de Michaël (4e) :


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