Nadia Comaneci

BD de Marjolaine SOLARO (texte) et Clem (dessins)

- Tu es la fierté de la Roumanie !
- Tu parles ! J'ai aussi froid et faim que tout le monde !

(p.87) 

Glénat, 2025, 115 p.
Glénat, 2025, 115 p.

Jeux Olympiques de Montréal, 1976. Représentant la République socialiste de Roumanie, une adolescente de 14 ans s’avance vers les barres asymétriques. Vêtue d’un justaucorps blanc, elle porte haut les couleurs du pays communiste qu’elle ne réussira à quitter qu’en 1989. Mais pour le moment, Nadia Comaneci s’apprête à entrer dans l’Histoire de la gymnastique en obtenant la note parfaite de 10.00, jamais attribuée jusqu’ici à une athlète aux JO, devant un public médusé. Mais à quel prix ?

Mon avis :

Lire le début sur le site de l'éditeur
Lire le début sur le site de l'éditeur

Cette bande dessinée aux couleurs sépia est un excellent moyen pour les jeunes lecteurs·lectrices de découvrir le parcours de la gymnaste. Tout y est abordé, même si c'est parfois de manière succincte: la "fabrique à championnes" des Karolyi, le coup d'éclat des petites Roumaines aux JO de Montréal, la pression communiste, la dégringolade et surtout, le dur combat pour la liberté.

 

Toute petite, Nadia est une fillette intrépide qui n'a peur de rien. D'une détermination sans faille, elle est déjà compétitrice. Face à l'entraînement militaire de Béla qui hurle, gifle, humilie, elle maintient enthousiasme et bonne humeur grâce à sa camarade Teodora ("Les Karolyi pensaient que la rivalité nous motiverait... Alors que c'est l'amitié qui nous fait progresser"). A 14 ans, ses sept 10 sur 10 et ses cinq médailles aux JO la confortent dans son allégeance ("Grâce à lui, je suis championne. Il sait comment nous rendre meilleures.").

 

Mais quand le Parti s'en mêle, rien ne va plus... Censure face aux journalistes, surveillance par la police secrète, mainmise sur les prix ("Et l'argent des podiums? On le touche quand?"): Nadia finit par se révolter ("Je ne suis plus une gamine! Je veux être libre!"). Et puis il y a ce corps de femme qui la rattrape...

 

Même en ayant fui aux États-Unis via la Hongrie, Nadia restera prisonnière d'odieux profiteurs de son talent et de sa notoriété. Exploitée par tous, ballottée d'une prison dorée à l'autre, la pauvre mettra des années à gagner la plus belle des récompenses: la liberté, au terme d'une vie tumultueuse et touchante.

 

Patricia Deschamps, avril 2026

Roumanie communiste
Roumanie communiste

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