Ma mère, le crabe et moi

de Anne PERCIN

Le roman d'Anne Percin est partenaire de la campagne officielle de sensibilisation de l'Association "Le cancer du sein, parlons-en !". Cette opération a lieu tous les ans en octobre, son symbole est le ruban rose (information sur le dépistage, soutien de la recherche).

Rouergue, 2015, 126 p. (doAdo)
Rouergue, 2015, 126 p. (doAdo)


Tania, 14 ans, vit seule avec sa mère dans un village d'Auvergne. Vie tranquille, trop tranquille, depuis que ses parents ont divorcé et que son frère aîné est parti faire une école de sous-officiers. De plus, Tania la gothique ne se sent pas particulièrement proche de de cette mère qui tient un blog "lectures et confiture"...


Sauf que depuis quelque temps, le comportement de celle-ci devient mystérieux. En consultant l'historique internet de l'ordinateur, Tania comprend que sa mère est atteinte d'un cancer du sein...


Texte : service de presse

Mon avis :

Un excellent roman sur la maladie, émouvant sans être déprimant !

Du jour où elle apprend le cancer de sa mère, le quotidien de Tania change radicalement. Examens, ablation, chimiothérapie : l'auteur nous immerge dans la lutte contre la maladie, nous informant habilement sur les grandes étapes médicales tout en développant son intrigue autour d'une adolescente qui se cherche. Aucun aspect de la maladie ne nous est épargné (hospitalisation, fatigue liée à la chimio, perte des cheveux, pitié des gens), mais le texte n'a rien de plombant, il ne verse à aucun moment dans le dépressif. Au contraire, on retrouve la verve qui fait le succès de la trilogie Comment (bien) rater ses vacances, Tania étant pourvu d'un humour bienvenu dans ce genre d'histoire, sans tomber non plus dans un optimisme déplacé.

En réalité, Tania va traverser plusieurs états d'esprit tout au long du roman : la révolte d'abord ("Au lieu d'afficher ce sourire de façade, j'aurais voulu que ma mère crie, qu'elle hurle, qu'elle se roule par terre..."), et aussi le déni et la honte ("Au collège, je faisais illusion, pas besoin de leur pitié !"). La jeune fille sait qu'elle doit se montrer forte, il n'est pas facile de voir sa mère décliner, "se transformer en loque humaine". Il lui faut aussi assumer plus de responsabilités pendant la convalescence.

Et puis peu à peu, le courage de celle-ci lui fait relativiser certaines situations, comme la fainéantise d'aller en sport : "Quand je la voyais dans cet état, je n'osais plus feindre d'avoir mal au ventre pour sécher les cours d'EPS. Je me serais sentie trop nulle de faire semblant tandis qu'elle se tortillait pour de bon". Tania commence à voir les choses différemment, gagne en maturité. Et surtout, cette épreuve qu'elle traverse avec sa mère les rapproche, instaure entre elles une complicité nouvelle faite de délires et de fous rires. Complicité dont se nourrit la mère pour trouver la force de se battre. Complicité qui encourage la fille à se donner du mal pour obtenir ce qu'elle veut (participer au cross, séduire le beau Zlatan).

Au final, ce roman dédramatise la maladie sans la minimiser. Le ton y est juste, relevé par un humour qui permet d'évoquer des situations graves sans déprimer le lecteur. Et surtout, il encourage à avancer au lieu de pleurer, à affronter les obstacles de la vie plutôt que de se laisser tétaniser par la peur : "Qui sait ce que l'avenir nous réserve ? L'important, c'est d'avancer, de profiter des bonnes choses. Vivre, quoi. Espérer." Une belle leçon de vie !

Septembre 2015

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