Les contaminés

de Yves-Marie CLEMENT

Plus loin, au-delà d'une rangée d'arbres, les murs du pénitencier. De pierre noire. Hauts, infranchissables. Percés de fenêtres à barreaux. Des prisonniers avaient vécu ici. Certains étaient morts sans jamais retourner sur le continent. Sans jamais revoir leurs familles. Ces murs étaient imprégnés de la souffrance des hommes.

Scrinéo, 2014, 344 p.
Scrinéo, 2014, 344 p.

Laalia, Trésor, Abasse et Bambou se connaissent depuis tout petits : ils ont grandi ensemble dans la favela (le quartier pauvre) d'Esperanza. Le grand chef de la mafia locale, le Capitaine, leur propose régulièrement du "bizness" par l'intermédiaire de son homme de main, don Jesus-Paulo.

 

Et justement, Jesus-Paulo leur propose un plan juteux pour gagner argent et notoriété : le Capitaine recherche des candidats pour un jeu de télé-réalité sur l'île d'Isla Grande.

 

Mais une fois sur place, les quatre adolescents déchantent : il n'y a personne pour les accueillir, des cris lugubres retentissent sur l'île et ils tombent sur un cadavre pendant leur exploration... Et puis soudain, les Maîtres du Jeu lâchent leurs adversaires...

Mon avis :

Une aventure agréable à suivre, malgré quelques longueurs.

Tout commence par une ambiance, celle d'Isla Grande, d'abord présentée comme une île paradisiaque avec son jeu à la Koh-Lanta (petite satire au passage !). Puis l'atmosphère vire à l'angoisse avec la découverte d'un ancien pénitencier où l'on faisait des expériences médicales sur les détenus, et surtout les cris "pas humains" qui hantent les lieux. L'intrigue passe alors en mode "chasse à l'homme" sous la direction de trois "Maîtres du Jeu" impitoyables et de leurs créatures affamées, et voilà les quatre héros amenés à fusionner leurs capacités pour survivre. La plus courageuse et la plus volontaire est sans conteste Laalia la battante. Les autres ("Bambou" et "Trésor", drôles de prénoms, soit dit en passant !) n'interviennent que ponctuellement. Le point fort du récit, c'est d'alterner les points de vue en de courts chapitres, qui donnent à la fois du rythme et du ressort à l'histoire. Pour mémé Liviana (la grand-mère de Laalia) et pour le lieutenant Moreno, les quatre adolescents ont disparu subitement... comme une vingtaine d'autres avant eux (qu'on n'a jamais retrouvés, et pour cause : ils sont morts...). On suit donc l'enquête du policier sur les traces du Capitaine mafieux, dont on a également le point de vue, celui-ci s'inquiétant que son sous-fifre lui ait dégotté des candidats particulièrement futés. Un dernier personnage est longtemps évoqué mais n'apparaît que dans la dernière partie : le professeur Illevitch du block 4, le médecin par qui tout a commencé...

Malgré quelques points peu crédibles et quelques passages répétitifs, l'ensemble se lit bien, offrant un récit d'horreur de facture classique.

Octobre 2015

voir aussi "Le jeu : la traque" de Jean-Luc Luciani
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