Le tireur de sable

roman de Pierre COUSIN

Editions Ex Aequo, 2013, 47 p.
Editions Ex Aequo, 2013, 47 p.

 

Louis est un petit Parisien de dix ans. Chaque été, sa mère l'envoie passer les grandes vacances à la campagne, chez sa tante Jeanne qui habite un petit village au bord de l'Indre. Il y retrouve son meilleur ami René avec qui il partage parties de pêche et balades dans les champs et les bois.

 

Mais cette année, René n'est pas là, envoyé en Bretagne... Pour Louis, c'est la catastrophe.

 

Jusqu'à ce qu'il rencontre le vieil Augustin, dernier tireur de sable sur l'Indre, pour qui la rivière n'a aucun secret.

Mon avis :

Une ode à la nature, aux petites joies simples, à l'amitié inter-générationnelle qui transmet les savoirs d'autrefois et la sagesse de toujours.

Tireur de sable : un métier tombé dans l'oubli que le vieil Augustin est heureux d'expliquer au petit Louis. Sur sa longue barque noire ("une grande toue de Loire, au fond bien plat") qu'il manœuvre avec une "perche tordue", "il sortait le sable du fond de la rivière à l'aide d'une pelle percée de petits trous, pour le vendre à ceux qui en avaient besoin." Face à la curiosité enthousiaste du garçonnet, Augustin ouvre "la grande boîte de ses souvenirs", évoquant "ces temps anciens et pourtant pas si reculés que ça". S'il est "un peu triste que ce métier ait disparu, comme tant d'autres", il est conscient que c'est "la loi du progrès", et heureux qu'il y ait encore des enfants pour s'en émerveiller. Ceux-ci étaient d'ailleurs "peut-être plus heureux à l'époque qu'ils ne le sont aujourd'hui"...

 

Louis est en effet un peu délaissé par ses parents divorcés. Sa mère "n'est jamais là" et il ne reçoit pas souvent de nouvelles de son père : "Je suis toujours tout seul à la maison"... C'est certainement pour cela qu'il est autant attachée à tante Jeanne, "pleine de cet amour et de cette tendresse que ma mère avait tant de mal à me donner". Et la vieille dame, "si seule d'habitude", le lui rend bien. Augustin lui fait aussi immédiatement une place à ses côtés, partageant tous ses petits secrets de pêcheur. Surtout, il apprend à Louis à savourer chaque instant offert par la nature, une balade en barque, une partie de pêche, la contemplation de l'aurore au-dessus de l'eau, sur cette rivière qu'il chérit tant et ne quitte pas de la journée.

 

Entre ces deux-là la complicité se tisse rapidement, au fil de chapitres courts et de dialogues nombreux donnant un semblant de rythme à ces journées contemplatives (bien que remplies !). Augustin perçoit d'emblée le chagrin de Louis ("C'est si dur la vie, là-bas, à Paris ?") et lui glisse quelques sages conseils l'air de rien. Des conseils que le petit garçon saura mettre à profit : "Finalement, Augustin avait eu raison. En me laissant un peu aller. En donnant de moi-même. Je m'étais ouvert aux autres." Ainsi, même si le temps passé ensemble a été éphémère, il aura marqué le petit Louis pour toute la vie.

Un roman revigorant comme une bouffée d'air frais !

Patricia Deschamps, juillet 2018

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