La Vague

roman de Todd STRASSER

Nous sommes tous responsables de nos propres actes et nous devons réfléchir sur ce que nous faisons.

Pocket, 2009, 224 p.
Pocket, 2009, 224 p.

Cette histoire est basée sur une expérience réelle qui a eu lieu aux États-Unis dans les années 1970.

 

Pour faire comprendre les mécanismes du nazisme à ses élèves, Ben Ross, professeur d'histoire, crée un mouvement expérimental au slogan fort : "La Force par la Discipline, la Force par la Communauté, la Force par l'Action."

 

En l'espace de quelques jours, l'atmosphère du paisible lycée californien se transforme en microcosme totalitaire : avec une docilité effrayante, les élèves abandonnent leur libre arbitre pour répondre aux ordres de leur nouveau leader, lui-même totalement pris par son personnage...

(4e de couverture)

Mon avis :

C'est parce qu'il se fonde sur un incident qui s'est réellement produit que ce roman a attisé ma curiosité. L'enseignant d'histoire qui en est à l'origine raconte comment ses élèves de terminale "s'étaient montrés enthousiastes et lui aussi s'était pris au jeu" de la discipline, des slogans, du salut, tous ces éléments faisant de la Vague un simulacre de nazisme. La majorité des élèves adhère très vite au mouvement qui se propage de manière "contagieuse et, en un sens, fascinante", donnant à tous une "impression de puissance et d'unité". En fait, "ça leur fait moins de travail parce qu'ils n'ont plus à penser par eux-mêmes"... Mais gare à ceux qui ne respectent pas bien les règles : on n'hésite pas à les dénoncer au nom de "l'autorégulation du groupe" ("Ils se soutenaient les uns les autres.") ! Robert, cancre et souffre-douleur de la classe, s'épanouit littéralement dans cette ambiance qui lui donne le courage de se joindre aux autres, de s'intégrer.

 

Dans la classe, une élève, malgré tout, résiste. "M. Ross nous manipule", affirme Laurie. Excellente élève, elle est dotée d'un esprit critique plus aiguisé que celui de ses camarades, appliqués mais moins réfléchis. Mal à l'aise, la jeune fille a le sentiment d'avoir affaire à une "secte" dans laquelle plus personne ne se questionne, obéissant à son leader comme "un troupeau de moutons". Quand la situation commence à dégénérer ("Tout devient hors de contrôle"), Laurie parle même de "lavage de cerveau". Il faut dire que le mouvement s'étend peu à peu à tout le lycée ("Cette histoire a pris des proportions inquiétantes"), propageant la peur parmi ceux qui ne veulent pas adhérer à la Vague. En effet, les membres commencent à menacer voire agresser "ceux qui ne font pas comme eux", ce qui finit d'alerter l'adolescente : "C'est un mouvement stupide et dangereux qui supprime la liberté de parole et de pensée". La Vague n'est plus un groupe d'individus, c'est devenu une sorte d'entité, une "force obscure".

 

M. Ross, après bien des déboires, finira par trouver le moyen que les élèves tirent leçon de ces événements : "Tout le monde a beaucoup appris", y compris lui qui s'est laissé séduire par son autorité nouvelle sur la classe. Si j'ai trouvé que tout se faisait un peu trop facilement dans ce roman dans un sens (l'embrigadement) comme dans l'autre (le retour à la normalité), il est à la fois très fluide et captivant et donne effectivement "un aperçu de la vie quotidienne dans l'Allemagne nazie".

Juin 2019


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