La ligue des super féministes

Bande dessinée de Mirion MALLE

La ville brûle, 2018, 72 p.
La ville brûle, 2018, 72 p.

 

Une BD documentaire sur le thème du féminisme, des inégalités hommes-femmes, mais aussi de façon plus générale sur la différence et le fait de s'assumer comme on est, dans une société très catégorisée.

 

Mon avis (★★★★) : Comme dans Les règles, quelle aventure!, Mirion Malle expose ses vérités sans langue de bois et avec humour. Cette bande dessinée représente une discussion entre une adolescente et des enfants autour des clichés, des représentations liées aux genres (à la télé, dans les films, les pubs...), et leurs conséquences sur la vision que la société, à commencer par les filles elles-mêmes, ont sur leur rôle.

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"Je ne suis pas assez forte, je pense", "Je veux maigrir", "Je veux être belle": nombreux sont les freins ou les exigences imposées au sexe dit "faible". L'auteur déplore que "la société valorise surtout les femmes sur leur beauté", une beauté reposant qui plus est sur des critères restrictifs (être blanche, être mince, être sexy mais pas trop, etc.). Or "ce n'est pas la seule chose qui détermine notre valeur, il y a aussi notre intelligence, notre humour, notre imagination, nos émotions, nos intérêts, notre gentillesse, etc." Par ailleurs on attend des femmes qu'elles s'occupent de la maison, qu'elles s'occupent de leur famille (consoler, calmer, encourager), un "TRAVAIL" qui n'est absolument pas reconnu. Résultat: "On n'a jamais l'impression d'être assez bien".

 

L'auteur fait aussi le tour de toutes les situations de discrimination dont peuvent être victimes les femmes, que ce soit dans le monde professionnel ou personnel (en particulier la violence conjugale). Elle insiste, à raison, sur le harcèlement dans la rue (la femme étant réduite à son physique, certains hommes ne peuvent s'empêcher de commenter celui-ci, qu'il soit à leur goût ou pas) et sur l'inégalité par rapport à la vieillesse (une femme doit toujours paraître jeune tandis qu'un homme grisonnant est jugé séduisant). Le discours manque parfois de nuance selon moi, parce qu'il faut bien reconnaître que les choses ont évolué et qu'il y a beaucoup moins de clichés qu'avant, dans les séries et livres pour ados par exemple, et plus d'ouverture d'esprit.

 

Et c'est bien dans ce sens que va l'auteur: plus de tolérance face à la différence, y compris entre filles. "Tu n'aimes pas son look? C'est un garçon manqué? Elle s'intéresse à d'autres choses que toi? Et alors?!". Si j'ai trouvé les explications sur intersexe, trans et cisgenre peu claires pour ceux.celles qui n'en ont jamais entendu parler, j'ai apprécié le discours encourageant la liberté d'être soi ("Mange à ta faim, habille-toi comme tu veux, fais ce qui te fait plaisir") ainsi que l'amitié et la solidarité entre filles plutôt que la rivalité: "Dans une société sexiste, il est très important de se soutenir entre filles pour mieux résister face aux inégalités".

L'ensemble manque un peu de construction et les arguments se répètent, mais l'album est un bon point de départ à la discussion quand on vient d'un milieu où l'égalité fille-garçon n'est pas si évidente.

Septembre 2019

L'avis d'Anaïs, en 3e :

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