Konnichiwa, Martin ! Salut, Hikaru !

d'Antoine DOLE et Gilles ABIER

Rouergue, 2015, 64 p. (Boomerang)
Rouergue, 2015, 64 p. (Boomerang)

Ce matin-là en arrivant en classe, chaque enfant a découvert une lettre sur son pupitre. Angleterre, Suisse, Etats-Unis, Mexique : la maîtresse a trouvé un correspondant étranger pour chacun !

 

Mais Martin ne partage pas l'enthousiasme de ses camarades. Quel intérêt de s’intéresser aux autres pays quand on aime autant son petit village de montagne ? Et puis son courrier à lui vient du Japon, il est écrit avec de drôles de symboles et il ne comprend rien !

 

Mais cette mystérieuse lettre venue de l'autre côté du monde attise la curiosité des autres enfants...

L'écriture d'Hikaru me raconte son pays. Je me demande à quoi il ressemble en vrai, ce pays où l'on dessine pour dire aux gens les choses qui nous semblent importantes, où les lettres sont des collines, les mots des paysages, les phrases un horizon.

*hiraganas : symboles qui constituent l'écriture japonaise
*hiraganas : symboles qui constituent l'écriture japonaise


Hikaru est la seule de sa classe à avoir écrit à un "gaijin", un étranger. Tous ses camarades ont préféré correspondre avec un écolier japonais d'une autre ville, mais elle a choisi la France car sa grand-mère, qui était musicienne, y a séjourné avec l'orchestre de Kyoto.


La lettre reçue de Martin est d'ailleurs l'occasion de ressortir l'album photos de grand-mère. Mais que raconter au jeune Français dont la culture est si différente de la sienne ? Et qui risque de ne rien comprendre à ses hiraganas* ?


Est-ce qu'on aime pareil quand on écrit si différent ? Est-ce qu'on peut se plaire vraiment quand on vit sur un autre contient ?

Mon avis :

Une histoire co-écrite par deux grands noms de la littérature jeunesse ne pouvait que me plaire ! Deux enfants, un thème commun : découvrir l'autre, même si on en apprend forcément plus sur le Japon que sur la France.

J'ai personnellement commencé avec Martin le petit Français réfractaire. Petite précision par rapport à la collection "Boomerang" : son originalité réside dans le fait qu'elle propose deux courtes histoires recto-verso que l'on peut découvrir dans l'ordre de son choix. Martin, donc, se bute face aux hiraganas d'Hikaru, et puis peu à peu, il se laisse porter par les symboles qui, complétés par l'exploration d'un livre que lui glisse la maîtresse, l'emporte dans un merveilleux voyage imaginaire très poétique.

Beaucoup de poésie aussi chez Hikaru la jeune Japonaise, habituée comme Martin à rêver devant les magnifiques paysages qu'offre son pays : "Au Japon, on prend le temps de contempler, d'observer". J'ai trouvé sa relation avec sa grand-mère très touchante : celle-ci, muette, remplace les mots par les émotions, et on sent entre elles une grande complicité.

Chacun à sa manière, avec sa propre culture, va s'ouvrir aux traditions de l'autre et comprendre que même quand tout semble nous séparer, on peut avoir bien des points en commun. Une jolie leçon de tolérance, toute en finesse, dont la brièveté sonne comme une promesse d'amitié profonde à venir.

Mai 2015


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