Hector Servadac

de Jules VERNE

"Tout cela est par trop étrange!" dit l'officier d'état-major.

En Algérie à la fin du XIXème siècle. Le Capitaine Hector Servadac, jeune militaire français ambitieux « mais pas plus savant qu’il ne fallait » accompagné de son fidèle Laurent Ben-Zouf (originaire de la Butte Montmartre comme son nom ne l’indique pas et fier de l’être!), se prépare à affronter en duel le comte Timascheff.

 

Mais un incroyable événement va venir contrarier ce projet : une comète vient d’effleurer la Terre, en emportant une portion de celle-ci et quelques habitants dont nos infortunés héros ! Elle poursuit son chemin à travers le système solaire et les terriens déracinés vont devoir apprendre à survivre sur l’astre en attendant de pouvoir (peut-être!) retourner sur Terre.

 

L'avis de Fabien, bibliothécaire :

Publié en 1877, Hector Servadac n’est pas le plus célèbre des « Voyages extraordinaires » publiés par le prolifique Jules Verne, ni le plus accessible. Son épaisseur (environ 400 pages) peut également rebuter et bien qu’amateur de Jules Verne depuis ma tendre enfance celui-ci a patienté dans ma PAL depuis presque quarante ans ans ! Il était temps donc de s’attaquer pour de bon aux aventures de ce capitaine et, même si le lecteur a un peu de mal à rentrer dans l’histoire au début (ce qui est sûrement dû aussi au style un peu désuet propre à l’auteur), on peut dire que le petit effort demandé est récompensé car il s’agit certainement là du roman le plus fou mais aussi le plus drôle de son auteur.

 

Si les interminables explications de l’astronome Palmyrin Rosette peuvent vite se révéler assommantes (mais l’on peut sauter des pages sans culpabiliser pour autant!), l’exploration par les Terriens devenus Galliens (du nom de la comète qui les a arrachés à la Terre) de leur nouveau lieu de vie offrent de nombreux passages drôles (la modification des lois de l’apesanteur, la cuisson des œufs à la coque qui exige désormais un bon quart d’heure) et même poétiques (la tempête d’étoiles filantes…), et leurs aventures se succèdent sans véritable temps mort. Curieusement, Hector Servadac est un roman sans véritable héros et l’on sent que Jules Verne n’a qu’assez peu de sympathie pour ses personnages tant il s’attache à les caricaturer. Par exemple les soldats anglais, d’ailleurs assez peu bouleversés par toutes ces péripéties (« ils coloniseront la lune, le jour où ils pourront y planter un drapeau britannique ») ou bien le professeur Palmyrin Rosette, astronome insupportable de suffisance. Dommage que cette savoureuse galerie de portraits soit quelque gâchée par le personnage d’Isac Hakhabut, commerçant juif allemand traité sans finesse qui témoigne surtout de l’antisémitisme de l’époque. Difficile de ne pas tiquer devant certains passages donc.

 

Néanmoins la lecture de ce Verne méconnu reste recommandable et, même s’il reste moins mémorable que L’île mystérieuse ou De la terre à la lune, ce « voyage extraordinaire » mérite son appellation.

Mai 2018


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