Génération K, tome 1

Marine CARTERON

- Meilleur roman jeunesse 2016 selon la rédaction du magazine "Lire" -

C'est toujours le regard des autres qui te fait prendre conscience que tu es différent.

Rouergue, 2016, 302 p. (Epik)
Rouergue, 2016, 302 p. (Epik)

Vingt ans plus tôt. Une jeune femme fuyant le laboratoire où on la tenait prisonnière, trouve refuge dans une communauté tzigane. Elle meurt juste après avoir accouché de jumeaux.

 

De nos jours. Kassandre Bathory de Kapolna, fille du célèbre et puissant PDG de la firme pharmaceutique Biomedicare, vit en opposition totale avec son prestigieux milieu familial. Sa seule véritable amie est sa sœur de lait Mina, fille d'une des domestiques de la maison.

De son côté, Georges d'Epailly est un colosse de vingt ans abandonné à la naissance : enfant de la DASS, il est rapidement tombé dans la délinquance et purge une peine en prison.

 

Tout semble opposer ces trois-là... à part les pouvoirs exceptionnels qui les habitent. Et ils sont plusieurs à les traquer : Don Camponi, parrain de la mafia napolitaine, Carlo Caraccioli, alias le Cannibale de Naples, ainsi que les mystérieux "Enfants d'Enoch"... D'où proviennent les incroyables capacités de Kassandre, Mina et Georges? Et pourquoi cherche-t-on à les réunir ?

Mon avis :

Un roman d'aventure fantastique plein de surprises !

Quand une histoire démarre sur fond de croyance tzigane, le ton est donné : amateurs de mysticisme, soyez les bienvenus ! De la luxueuse propriété des Kapolna au centre de détention de Roanne, de la pension suisse pour gosses de riches en perdition au quartier miteux de Naples, cette ambiance de mystère et tension mêlées ne nous quitte pas un instant. Il faut dire que la singularité vient des héros eux-mêmes, dont on découvre progressivement les fascinantes facultés... Trois personnalités bien définies - Kassandre la grande gueule tatouée adepte de metal qui joue à provoquer sa très chic famille, Georges le bad boy qui n'a peur de rien, et Mina la discrète mais non moins puissante ("Je ressentais une soif ardente de mort et de sang") - vont voir leur don se décupler au contact les uns des autres ("Nous sommes plus forts en unissant nos pouvoirs") : l'une a la capacité de "détecter les vérités sous les mensonges", l'autre manipule vos pires angoisses, tandis que la troisième maîtrise vos cœur et âme... Sur leur chemin, toute une panoplie d'individus plus inquiétants les uns que les autres : albinos aux yeux rouges, infirme difforme, sans oublier la terrifiante "Chose" !

 

Certes l'intrigue peut rappeler d'autres univers surnaturels déjà lus/vus. Cependant l'auteur y apporte une dimension scientifique intéressante : la thérapie génique. Car en arrière-plan de l'histoire, une mystérieuse épidémie décime les pays de l'hémisphère sud... Non seulement les facultés des "Génophores" auraient une explication tout à fait rationnelle, mais de plus elles pourraient se révéler utiles... Mais pour qui et pour quoi ? Les différentes puissances qui s'affrontent autour de ces adolescents hors norme, à commencer par le propre père de Kassandre, ont en effet des motivations bien différentes... A suivre !

Juillet 2017

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Génération K, tome 2

Rouergue, 2017, 377 p. (Epik)
Rouergue, 2017, 377 p. (Epik)

 

Kassandre, Mina et Georges sont parvenus à échapper aux sbires de la mafia napolitaine et de Biomedicare. Réfugiés au pied du Vésuve, qui semble sur le point d'exploser, ils tentent de reprendre des forces car ceux qui les pourchassent n'ont pas dit leur dernier mot...

 

Et surtout, une nouvelle menace est sur le point d'éclater : le Maître. Cette voix mystérieuse, le Créateur de tout, le Père des Génophores de la génération K va se réveiller et mettre en péril l'avenir de l'humanité...

Mon avis :

Dans ce tome 2, l'action bat son plein ! L'histoire s'enrichit d'un nouveau personnage, Enki, quatrième Génophore et frère jumeau de Georges. Un narrateur supplémentaire qui apporte un point de vue nouveau sur les événements, et qui fait le lien entre passé et présent. Le Maître et ses "enfants" sont en effet des créatures ancestrales ("Le moment que je vis ici n'est qu'un nouveau maillon d'une chaîne que nous déroulons depuis des millénaires.") s'inspirant d'un folklore à la fois fantastique (on trouve notamment une allusion à Bram Stoker et son Dracula) et animiste (Enki a la capacité de communiquer avec la nature et les animaux). L'intrigue se dote d'une dimension écologiste puisque le Maître, "écœuré par ce que les hommes sont devenus", laisse exploser une colère tout-à-fait justifiée : "Cette planète que vous deviez fouler avec respect, que lui faites-vous subir ?".

 

Mais ce qui fascine le plus, c'est cette puissance que les héros développent petit à petit, laissant leurs pouvoirs prendre toute leur ampleur. Les forts tempéraments de Ka et Georges rendent le récit musclé ! Même si l'on sent une "gosse fragile" derrière les tatouages et les piercings de l'une (c'est d'ailleurs celle qui culpabilise le plus d'être impuissante à sauver l'humanité), et que l'autre gagne en sérénité en accueillant son dragon : "Pendant des années j'ai eu peur de mon pouvoir. Je comprends maintenant qu'il suffisait que je l'accepte, que je m'accepte, pour apaiser ma sombre amie".

De son côté, le journal de Mina se révèle quelque peu redondant avec les propos racontés par Enki, et la jeune fille fait pâle figure aux côtés de ses camarades. Mais il faut se méfier des caractères discrets... Ce ne sont pas les plus faibles pour autant! Mina est la première à se rebeller : "Le temps où nous étions enchaînés au Maître est révolu", c'est elle qui fait réaliser aux autres qu'ils ne sont "que des pions dans un jeu que le Maître pratique avec l'humanité depuis des millénaires dans un but qui nous échappe totalement". Et les conséquences seront terribles !

Août 2017

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