Des livres et moi

Matt7ieu RADENAC

Un bon livre permet de voyager et de mûrir.

Syros, 2017, 97 p. (Tempo)
Syros, 2017, 97 p. (Tempo)

 

Un jour, le célèbre écrivain Filippe Cavreini reçoit un mail d'un(e) certain(e) Alex qui souhaite l'interviewer pour le cours de français. D'abord réticent, l'auteur se prend au jeu de la curiosité, acceptant de répondre aux questions de l'ado si lui/elle accepte de répondre aux siennes.

 

Filippe comprend progressivement que la démarche d'Alex, pour qui la lecture est une corvée, est en réalité une punition : il/elle refuse de lire le livre demandé, Maux à mots, écrit par... lui-même !

 

Filippe réussira-t-il à capter l'intérêt d'Alex ? Alex saura-t-il/elle sortir le vieil homme de sa léthargie littéraire ?

Mon avis :

"Certaines œuvres de street art sont à couper le souffle. T'es-tu déjà retrouvé devant le travail de Banksy ?" (p.28)
"Certaines œuvres de street art sont à couper le souffle. T'es-tu déjà retrouvé devant le travail de Banksy ?" (p.28)

Un(e) ado en échec scolaire face à un écrivain en panne d'inspiration. L'un(e) a cent pages à lire, l'autre à écrire. Leur rencontre les "délivrera" tous les deux.

Comme dans des romans épistolaires similaires (pour adultes) tels que Et je danse, aussi (de Mourlevat et Bondoux), ce livre est entièrement constitué d'échanges de mails, ce qui rend sa lecture dynamique et rapide. D'emblée les préjugés volent en éclat : on sent bien que derrière ses airs d'ado des cités qui s'adonne au graff, Alex cache une maturité et une capacité de réflexion n'échappant pas aux adultes : "Tu es tout à fait capable de lire", affirme l'écrivain. D'ailleurs, pour les tags réalisés avec son ami Samy, elle/il explique elle/lui-même que "le plus gros du travail, c'est la recherche, pas la création" car "on impose toujours un sens à ce que l'on fait", dans le but de "pousser ceux qui regardent à réfléchir" (à la manière d'un Banksy).

 

De son côté, Cavreini évoque la création littéraire ("dans un texte, il y a toujours un peu de l'auteur") et surtout la capacité d'un livre à "délivrer d'un quotidien, d'une morosité". Car au fil de ces "échanges enrichissants et revigorants", Alex dévoile une situation familiale difficile, de plus en plus pesante... "Ça me fait du bien de parler", avoue-t-il/elle. De même, le vieil homme reconnaît que "nos mails m'ont redonné une pêche incroyable", le sortant d'une certaine torpeur dépressive. Au contact de cet(te) ado dynamique et (im)pertinent(e), "mon imagination s'est délivrée". Tous deux avaient besoin "qu'on les éveille" et "le changement opéré" est tangible. "Grâce à la lecture" des mots de l'un et des maux de l'autre, Alex et Filippe se seront, de manière prévisible mais sympathique, libérés de leurs propres entraves.

Mai 2017

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