Cœur d'encre

roman fantastique de Cornelia FUNKE

Gallimard jeunesse, 2009, 624 p.
Gallimard jeunesse, 2009, 624 p.

 

Meggie, douze ans, vit seule avec son père Mo qui est relieur. Comme lui, elle a une passion pour les livres. Mais pourquoi Mo ne lit-il plus d'histoires à voix haute ? Ses livres auraient-ils un secret ? Leurs mots auraient-ils un pouvoir ?

 

Un soir, un étrange personnage frappe à la porte, "Doigt de poussière". Mo et lui évoquent un livre qui a l'air d'avoir une très grande valeur pour eux.

 

Dès le lendemain, Meggie et son père déménagent. Ils sont loin d'imaginer l'extraordinaire aventure qui commence pour eux...

L'avis de Catherine, prof doc :

Une immersion totale dans l'univers de la lecture, entre personnages, auteur et lecteurs. Mo, le père de Meggie, ne lit plus à haute voix depuis qu'il a découvert un don particulier : celui de faire apparaître des personnages de ses lectures. Ce don lui a joué de vilains tours et il a maintenant des comptes à rendre aux personnages ainsi « libérés » des pages. 

 

J'ai beaucoup aimé l'atmosphère singulière dégagée dans ce roman du fait de la cohabitation des « humains » avec des personnages de fictions incarnés par magie. Le décor s'en ressent fortement et on ne sait plus trop si l'on est dans la réalité (les descriptions en sont très proches) ou dans un espace plus ou moins onirique. La lecture m'a paru assez hypnotique dans la première partie du roman. Le mystère joue une part importante dans la narration car l'auteur a le don de délayer au maximum pour repousser le moment des réponses. 

 

Des chapitres courts rythment l'histoire, ce qui est plaisant pour un aussi long ouvrage, et, cerise sur le gâteau, ils débutent tous par une citation d'auteur. Dans l'ensemble les personnages m'ont paru assez creux, fades, sans corps et cela a fini par me décevoir et me faire perdre de l'intérêt pour l'intrigue, surtout si l'on ajoute quelques longueurs ou épisodes inutiles provoquant des retours en arrière dont on aurait pu se passer. 

Mon bilan est donc assez mitigé pour ce tome 1 qui pourrait s'achever ainsi. J'ignore si je lirai la suite, pas dans l'immédiat en tous cas.

Mai 2019


Sang d'encre

Gallimard, 2018, 784 p. (Folio junior)
Gallimard, 2018, 784 p. (Folio junior)

 

Meggie et ses parents savourent leurs retrouvailles lorsque Farid apporte une nouvelle bouleversante : prêt à tout pour revoir les fées et sa famille, Doigt de Poussière a regagné le Monde d'encre, ignorant qu'un grand danger l'attend. Farid et Meggie décident de partir à sa recherche.

 

(4e de couverture)

L'avis de Catherine :

Un second tome assez inégal bien que le plaisir de retrouver et côtoyer les personnages soit présent !

C'est Doigt de Poussière que l'on retrouve aussitôt. Le récit va alterner entre son point de vue et celui de Meggie dans un premier temps puis l'intrigue va se compliquer davantage et les points de vue alterneront selon divers personnages. L'auteur maîtrise toujours autant l'art de délayer son discours et mettre en attente le lecteur et en parallèle les rebondissements sont très nombreux (et parfois inattendus !) ce qui évite l'ennui.

 

Dans les chapitres concernant Doigt de Poussière une certaine mélancolie sourd au fil des lignes, il retrouve les siens après dix ans d'absence, se relie peu à peu à ce monde si particulier et qui lui a tant manqué. Les mots sont emplis d'émotions variées. Il reste un personnage charismatique de ce roman, inoubliable.

L'harmonie semble rompue entre Mo et Meggie : ils se disputent souvent car Meggie est trop tournée vers le monde qui lui a volé sa mère de si longues années. Puis elle n'est plus une fillette et commence à prendre ses propres décisions, pas toujours du goût de Mo.

Fenoglio m'est devenu peu à peu antipathique : il est trop présomptueux à répéter «je suis le créateur» ; ça en devient agaçant. Par contre j'apprécie toute la réflexion autour de l'écriture et du pouvoir des mots dits ou non-dits.

Les passages concernant Elinor sont très décevants, répétitifs et pas très utiles à l'intrigue selon moi. J'ai par ailleurs regretté la répétition de l'expression : « quand plus tard » utilisée pour Elinor, Mo, Meggie… qui annonce un futur malheureux mais c'est hélas trop récurrent en quelques cinquante pages à peine et plus loin aussi dans le livre.

 

Si le premier tome pouvait se suffire à lui-même, ce n'est plus le cas ici où nous laissons les personnages dans un certain désarroi et en fuite. J'ai toutefois besoin d'une pause avant de reprendre l'aventure : si j'ai apprécié la fantaisie et les inventions de l'auteur pour le « monde d'encre », j'ai trouvé ce second tome singulièrement sombre et violent, et au vu du titre suivant, je n'attends guère d'amélioration…

Mars 2020


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