1,2,3, nous irons au bois

roman de Philip LE ROY

Nous ne sommes pas en rapport direct avec le monde. La réalité est filtrée par nos sens et interprétée par un travail de l'esprit. En fait, personne ne voit les choses de la même façon.

Rageot, 2020, 406 p.
Rageot, 2020, 406 p.

Lassée de réviser pour le bac, Fanny surfe sur les réseaux sociaux et s'inscrit à un jeu nommé "Ne reviens pas!". L'objectif des dix adolescents sélectionnés est de rester le plus longtemps possible dans une forêt réputée hantée jusqu'à ce qu'il ne reste plus qu'un participant. Celui qui aura surmonté ses peurs remportera dix mille euros ainsi que l'adaptation filmique des vidéos prises avec son smartphone pendant l'épreuve.

 

Voilà donc Fanny larguée en plein bois avec pour première mission de trouver un kit de survie...

 

 

Mon avis :

Ce roman a les mêmes qualités que le précédent du même auteur, Dans la maison: le style est vif, aussi bien dans les dialogues entre adolescents que dans l'action qui s'enchaîne sans répit. L'héroïne, Fanny, a une personnalité extravertie et ne manque pas d'humour, ce qui contribue au dynamisme du récit. Les références aux films d'horreur sont nombreuses et dans cette histoire très cinématographique, l'angoisse tourne autour des peurs liées à la forêt: l'ambiance créée par tous ces bruits méconnus des citadins, par les bébêtes qui y vivent, les cabanes en ruines et autres cinglés qui les peuplent. Aucun candidat n'a de "préparation à la survie en milieu sauvage", alors quand ils s'aperçoivent que les pistolets de détresse sont défectueux et les boussoles détraquées, la tension monte d'un cran. A travers leurs réactions, ce sont les différentes façons de réagir à la peur qui sont passées en revue. Chacun teste ses limites, avec ou contre le groupe. Avec toujours en arrière-plan cette interrogation: jusqu'où va la mise en scène de la production? Où commence le paranormal?

 

Quand les adolescents comprennent qu'ils ont en commun d'avoir harcelé trois ans auparavant, sur les réseaux sociaux, Alyssa la lesbienne, l'intrigue prend une autre dimension. Le jeu devient vengeance et l'on se demande jusqu'où ira la victime pour assouvir celle-ci... Le lecteur averti en devinera rapidement l'identité (même si c'est bien trouvé!) et les autres devront attendre le dénouement!

Un roman à lire le soir à la lueur d'une lampe (torche)!

Patricia Deschamps, février 2021

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