Smartphone panique

de Arthur TENOR

Pour la première fois de ma vie je prenais un risque que j'allais devoir assumer seule. C'est tellement pratique quand les parents sont là pour tout prendre sur leur dos.

 

Scrineo, 2019, 166 p.
Scrineo, 2019, 166 p.

Cléa n'en peut plus : sa mère vient d'installer un logiciel de localisation sur son smartphone pour savoir où elle est en permanence... A 15 ans, c'est insupportable!

 

Un de ses amis lui trouve alors LA solution : une application dénichée sur le Dark Web, qui indique de fausses localisations. Et soudain c'est la liberté ! Mais à quel prix ?

 

Car rapidement, Cléa voit le piège se refermer sur elle, et l'application prendre petit à petit le contrôle de sa vie. Comment lutter, alors, contre un ennemi invisible et surtout... intouchable ?

(4e de couverture)

L'avis d'Anaïs, en 4e :

Comme le précise l'auteur dans l'épilogue, ce roman est inspiré d'une histoire vraie ce qui le rend encore plus marquant. Je n'ai pas toujours compris les mots et expressions qu'il employait mais c'est malgré tout un livre facile à lire, très court (cela me change de d'habitude !). La partie informatique m'a impressionnée, elle est super documentée ! L'histoire est plutôt inquiétante, l'héroïne se fait pirater son téléphone puis c'est toute sa vie qui le devient... C'est ce que l'on appelle du "cyber-harcèlement". En fait ce livre est un témoignage sur les dangers du téléphone à tous points de vue (comme l'utiliser en conduisant...). Cléa est vraiment accro ! Ce qui n'est pas mon cas, je peux m'en passer plusieurs heures. Bref c'est une histoire qui sert de leçon, une leçon de la vie !

Février 2019

Mon avis :

Cette fois-ci, Arthur Ténor s'attaque au Dark web (cette partie d'internet où "tu peux acheter ce que tu veux : des armes, de la drogue, des trucs interdits") et ses dangers y compris pour des personnes lambda comme la jeune Cléa (et comme nous...). Si l'adolescente enchaîne une succession d'erreurs qu'une personne avisée ne commettrait pas, il est tout de même inquiétant de réaliser que nos appareils électroniques, même verrouillés, sont très peu sécurisés pour qui s'y connaît... Et c'est bien pour cela que l'auteur a accepté de prêter sa plume au témoignage de Cléa : transmettre une indispensable "leçon de prudence".

 

En acceptant de télécharger l'application "Mirage-Sorry", Cléa "pactise en toute innocence avec un démon cybernétique". Déjà, son objectif est trouble : déjouer la surveillance étouffante de sa mère, certes, mais aussi se connecter discrètement au smartphone des autres pour espionner leurs conversations... Voilà une belle "trahison" ! D'autant plus que "tout bien considéré, mes amies s'envoient des textos sans intérêt, sans avoir rien à se dire, sinon cancaner sur les autres" (comme ce constat m'a fait sourire !). Voilà donc Cléa embarquée dans un engrenage sans fin, une surenchère de chantage et de pression de la part de l'équipe technique qui se cache derrière l'interface et qui a mis en place une belle arnaque financière. Non seulement Cléa a divulgué ses coordonnées de carte bancaire, mais elle est encouragée à parrainer "des gogos" en échange de "bitcoins" (la cryptomonnaie en vigueur sur le Net). Un business pseudo lucratif dans lequel elle cherche, sans scrupule, à embarquer Valentin.

 

Valentin est le garçon dont elle est amoureuse en secret. Ce sujet grave se double en effet d'une petite intrigue sentimentale qui vient alléger le récit. A la différence de Ravi, le geek qui l'a initiée au Dark Web, Valentin est de bon conseil ("clôture ton compte en banque", "formate ton smartphone"...) mais ni l'un ni l'autre ne l'écoutent, "insouciants des risques qu'ils prennent et font prendre aux autres". Et les erreurs se succèdent, dans un crescendo toujours plus inquiétant puisque chaque fois, "le pire était à venir"... jusqu'à la catastrophe finale, qui fait peur également en tant qu'adulte conscient qu'un piratage de données personnelles confidentielles est aussi plausible que facile... D'ailleurs, "ses parents allaient sans doute devoir payer pour lui/elle", dans tous les sens du terme...

 

Au final, il faudra bien que Cléa assume "s'être fait piéger et en beauté". Si "à 15 ans on n'est pas encore assez bien armé pour connaître et reconnaître tous les pièges de la vie moderne" (ceci dit certains adultes ne le sont pas non plus...), il reste que seul l'esprit critique peut contrer la technologie : à nous de l'aiguiser afin d'être prudents dans son utilisation !

Patricia Deschamps, mars 2019


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