Phobie

roman de Fanny VANDERMEERSCH

Le Muscadier, 2017, 88 p. (Rester vivant)
Le Muscadier, 2017, 88 p. (Rester vivant)

 

Sophia est une élève brillante.

 

Arrivée au collège, tout change. Ses notes baissent, ses amies l'abandonnent, l'angoisse la ronge. Jusqu'à ce jour où elle ne se sentira plus capable de passer la grille de l'école.

 

Avec l'aide de ses parents et de ce qu'il reste de ses amies, elle finira par poser des mots sur ses maux : elle souffre de phobie scolaire

Mon avis :

Parce que j'ai régulièrement des élèves qui en souffrent, j'ai voulu en savoir un peu plus sur les éléments qui peuvent mener à de la phobie scolaire. En réalité le mécanisme est complexe, mélange de facteurs extérieurs et d"une perception erronée des situations.

 

L'entrée au collège peut être un cap difficile à passer. Sophia a du mal à s'adapter à ce nouveau fonctionnement et aux attentes des professeurs. Néanmoins elle perçoit comme "mauvaise note" tout résultat inférieur à 19 ! Dès lors un cercle vicieux s'enclenche : ayant peur de décevoir ses parents ("Tu nous as habitués à mieux, ma chérie"), elle se stresse et ses notes baissent encore. D'autre part, elle vit mal les disputes qui éclatent parfois entre son père et sa mère, bien qu'elle n'en soit pas l'objet : "J'ai l'impression d'avoir fait quelque chose de mal et d'être responsable de la querelle". Ainsi l'engrenage s'amorce sans réel déclencheur mais entraîné par plusieurs raisons imbriquées.

 

Les symptômes de la phobie se développent alors crescendo : d'abord les maux de ventre puis les crises d'angoisse et de panique qui peuvent mener au malaise. La souffrance de Sophia est réelle et elle somatise de plus en plus. L'attitude de ses camarades y est pour beaucoup ("voir tous les élèves qui se jaugent les uns les autres, ça m'a stressée") mais là encore, on se demande si la jeune fille n'amplifie pas les choses. Elle a tour à tour le sentiment d'être invisible ou au contraire le centre de l'attention et là, ce sont les moqueries qu'elle craint plus que tout. Quoi qu'il en soit, elle se sent mal à l'aise en classe ("Il y a beaucoup plus de monde et je ne me sens pas rassurée"), "pas à ma place" et sa confiance s'effrite : "Tout ce qui était facile pour moi en primaire est devenu difficile et obscur".

 

Les solutions proposées ne sont pas miraculeuses mais tout à fait réalistes : pour que Sophia poursuive sa scolarité, plusieurs adaptations sont mises en place grâce à la mobilisation de tous - équipe éducative, infirmière et psychologue, parents. Il y a aussi Cynthia qui, victime de harcèlement, est bien placée pour la comprendre ("Je suis touchée qu'elle se soucie de moi"). Ensemble, ils aident Sophia à comprendre ("Parfois je me demande si c'est seulement l'école qui m'angoisse, ou si c'est le monde extérieur") et à reprendre confiance en elle. Un travail sur soi qui prendra du temps néanmoins l'adolescente a "l'impression d'avoir franchi un sacré cap" et se montre désormais optimiste : "Je vais de l'avant".

Patricia Deschamps, novembre 2017

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