Papa et maman sont dans un bateau

de Marie-Aude MURAIL

© Ecole des loisirs, 2010
© Ecole des loisirs, 2010

Dans la famille Doinel, je voudrais... la mère.

Nadine Doinel est institutrice dans une école maternelle où elle s'occupe des petits-moyens avec beaucoup de patience et de pédagogie. Mais depuis quelque temps, Mme Doinel s'interroge sur la réelle utilité de passer sa journée à remplir toutes ces "fiches de suivi d'acquisition des compétences"... au détriment bien souvent du temps passé à s'investir dans les ateliers auprès des enfants. Et puis il y a son fils, Esteban, qui lui cause des soucis. Lasse et fatiguée, Mme Doinel se surprend à rêver devant la photo d'une yourte mongole dans un magazine...

 

Dans la famille Doinel, je voudrais... le fils.

Esteban est malheureux dans sa classe de CE2. Comme il a un an d'avance, il est plus petit que les autres, qui se moquent du coup sans cesse de lui et le maltraitent. Et puis Esteban a une imagination débordante qui déstablilise autant ses camarades que les adultes. Sur les conseils de la maîtresse, sa mère accepte de l'emmener chez une psy. Avec les Lego mis à sa disposition, Esteban construit une yourte carrée...

 

Dans la famille Doinel, je voudrais... le père.

Parti de rien, Marc Doinel est devenu directeur d'une agence de transport à force de travail et de charisme. Mais lorsque l'entreprise est rachetée par des Hollandais, l'ambiance vire à l'aigre : on lui impose de réduire les coûts et de licencier sauvagement la plupart de ses employés. Ecoeuré par ces méthodes inhumaines, Marc Doinel rêve de tout plaquer pour une autre vie. Sympa cette yourte mongole installée en Bretagne !

 

Dans la famille Doinel, je voudrais... la fille.

Charline, qui est en 3e, se fait surnommer Charlie au collège comme à la maison. Pas vraiment intégrée dans sa classe parce qu'elle ne se trouve pas de points communs avec toutes ces filles superficielles, elle préfère se plonger dans le monde des mangas. Pourquoi se sent-elle si différente ? Charlie rêverait de partir ailleurs : "Respire, marche, pars, va-t'en !" recopie-t-elle sur son autoportrait en-dessous de la photo de yourte mongole qu'elle a découpée dans le magazine de sa mère...

 

Sans le savoir, les quatre Doinel rêvent tous de la même chose : échapper au quotidien qui les oppresse. La clef du bonheur résiderait-elle dans cette fameuse yourte mongole, symbole d'une autre façon d'appréhender la vie ?

Mon avis :

Loin de ses écrits jeunesse habituels, ce roman de Marie-Aude Murail s'adresse plutôt aux adultes. Les adolescents risquent de se lasser rapidement des déconvenues à répétition rencontrées par les différents membres de la famille Doinel, notamment les parents. En tant qu'adulte par contre, chacun trouvera un écho à son propre vécu : qui n'a jamais envisagé de changer de vie ? Ce roman est en effet une critique avérée du fonctionnement de notre société et du rythme de vie qu'elle nous impose. Nous "impose", vraiment ? Là est véritablement la question! Seul bémol : un dernier quart particulièrement déprimant, et une fin qui ne rétablit pas complètement l'optimisme perdu. A ne pas lire en pleine "dépression hivernale"...

Janvier 2011

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