Où sont les filles ?

de Claire RENAUD

Imaginez l'effet que ça fait d'être LA SEULE FILLE au milieu d'une véritable horde de garçons...

Sarbacane, 2018, 192 p. (Pépix)
Sarbacane, 2018, 192 p. (Pépix)

Ondine vit avec sa sœur Marine, sa mère Océane et sa grand-mère Pélagie. Entre filles, tranquilles. Jusqu’au jour où Ondine remarque un garçon à l’école, Edouard. Beau, mystérieux, inaccessible… comment l’aborder ? En se couchant le soir, elle lance une petite prière à qui peut l’entendre…

 

Le lendemain, au réveil, elle s’aperçoit qu’il n’y a plus une seule fille sur Terre ! Sœur, mère, grand-mère, copines et maîtresse, elles ont été transformées en garçons… et ne se rendent compte de rien !

 

Est-ce un coup du mystérieux Misteress Smith, étrange magicien coiffé d’un haut-de-forme qui est apparu dans sa chambre tel un génie de la lampe ?

(texte éditeur)

L'avis d'Anaïs, 12 ans :

Mon avis :

Une bonne idée de départ, mais mal exploitée selon moi.

Parce qu'elle vit dans une famille exclusivement féminine, Ondine ne connaît rien des garçons. Et voilà qu'elle se retrouve unique spécimen de fille sur Terre ! "Ils ne se souviennent plus des femmes et des filles, même celles qui comptaient fort pour eux...", se désole-t-elle. La situation est originale, cependant elle ne déclenche aucune véritable réflexion sur la mixité (ou son absence). On aurait pu par exemple imaginer les conséquences d'un monde exclusivement masculin, sur sa façon de fonctionner, sur les relations sociales, sur la pérennité de la vie humaine.

 

Ondine amorce tout de même une évolution dans son approche des relations avec le sexe opposé. Consciente que "on ne s'en sort pas, tout seul dans la vie. Seul, on patauge.", elle fait appel à son camarade Aurélien pour affronter la situation et se rend compte que "Les garçons, c'est pas si compliqué !"... et plus si affinités ! Malheureusement on ne saura pas si l'expérience a durablement fait changer son opinion puisque l'aventure se clôt sans suites.

 

Le personnage de Misteress Smith aurait également pu être davantage développé et venir nourrir la réflexion puisqu'il avoue à un moment une personnalité androgyne ("ma double nature"). Au lieu de ça, il apparaît comme un magicien de pacotille, à la fois loufoque et odieux. Il en résulte une histoire un peu creuse où il ne se passe pas grand chose d'intéressant une fois la situation posée. J'ai trouvé les illustrations très réussies, mais les bonus inutiles, tout comme l'épilogue. La mésaventure aura malgré tout fait réaliser à l'héroïne qu'il faut arrêter de se plaindre des petits défauts de ses proches, et profiter d'eux tant qu'ils sont là !

Février 2018

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