Noël au Café des Oracles

Aurélie GERLACH

Rageot, 2025, 432 p.
Rageot, 2025, 432 p.

Gaïa était encore enfant quand sa mère, une voyante renommée, l'a abandonnée à la veille de Noël. Un simple message de ses cartes d'oracle a suffi pour la persuader de disparaître sans se retourner. Depuis, Gaïa déteste les fêtes de fin d'année et la divination.

Contrainte d'accepter un job d'étudiant au Café des Oracles, repaire de passionnés d'ésotérisme, la jeune femme peine à masquer son exaspération. Pour ne rien arranger, Sacha, l'autre serveur, est exécrable.

Pas besoin de le lire dans les cartes: ce Noël promet d'être catastrophique.

 

(4e de couverture)

Mon avis :

J'aime beaucoup les romans d'Aurélie Gerlach, alors quand j'ai su que le dernier parlait cartes d'oracles, que je collectionne, je me suis précipitée pour l'acheter. La couverture est vraiment chouette, tout comme les illustrations intérieures, un jeu de cartes sur le thème de Noël que l'héroïne a hérité de sa mère.

 

J'ai aimé l'ambiance cosy et d'inspiration ésotérique du Café des oracles. J'ai également apprécié comment Gaïa la rationnelle se laisse peu à peu envahir par ses intuitions, par sa spiritualité. La jeune femme a des sentiments partagés vis-à-vis de sa mère: elle lui en veut de l'avoir abandonnée toute petite et en même temps ne peut nier la part de celle-ci qui vit en elle.

Il est aussi question de la relation avec son père: le départ de la mère a resserré leurs liens... jusqu'à l'arrivée d'une nouvelle femme. Gaïa doit accepter de grandir et de laisser place au changement plutôt que de s'enfermer dans un schéma immuable.

 

Deux garçons vont jouer un rôle primordial dans sa transformation. D'un côté Léo, président BG et populaire d'une association écolo. Ces passages-là m'ont semblé ennuyeux, j'ai trouvé que les discussions et projets prenaient trop de place et de manière un peu incongrue (même s'il est question d'un Noël moins consumériste). Léo représente tout ce à quoi Gaïa a toujours aspiré ("Quand quelqu'un comme lui s'intéresse à vous, ce n'est pas la peine d'aller chercher plus loin"). Et pourtant le cœur n'y est pas.

 

Comme pour la divination, il y a d'un côté la logique objective s'opposant au ressenti ("impression de contempler la scène de l'extérieur"). Au premier abord, Sacha est renfrogné et secret. Mais avant tout, authentique. Il ne porte pas de masque. On se doute dès le départ que c'est lui l'élu et que l'héroïne va devoir aller au-delà des apparences (et de ses convictions) afin de découvrir ce qu'il a à apporter. Sacha est celui qui la bouscule afin de la révéler à elle-même.

 

Malheureusement tout cela est un peu noyé sous une multitude de thématiques. Les relations familiales, la voyance, Sacha, l'asso écolo, Léo, les études... j'ai parfois eu l'impression que l'intrigue partait dans trop de directions. L'humour de l'autrice, que j'apprécie d'habitude, m'a semblé manquer de subtilité. Les chapitres sur la popularité subie de Gaïa (et tous les commentaires sur les réseaux sociaux) m'ont semblé longs. Et j'ai trouvé que la révélation de Sacha décrédibilisait un peu le sérieux finalement apporté à la notion de don (ça commence à faire beaucoup de personnes concernées).

 

Au final, il m'a manqué au cours de cette lecture d'un peu de surprise, d'inattendu, d'originalité et d'un épilogue plus nuancé, moins "happy end". Mais c'est peut-être parce que c'est la quatrième romance de Noël que je lis...

 

Patricia Deschamps, décembre 2025


Retrouvez Takalirsa sur Facebook, Babelio, Instagram  Youtube et Tik Tok

Making of d'une chronique