Ma dernière chance

de Ludovic ROSMORDUC

Des fois, j'en fais des cauchemars : je me vois rentrer dans la classe de CM2, vieux comme un adulte. Tout le monde croit que je suis le maître, mais non, j'ai juste redoublé pour la vingt-cinquième fois...

Magnard jeunesse 2016, 125 p.
Magnard jeunesse 2016, 125 p.

 

A 12 ans, Victor redouble le CM2 pour la deuxième fois. A l'école, il est la risée de ses camarades et n'a aucun ami. A la maison, ses parents ne savent plus quoi faire pour qu'il assimile enfin les multiplications et autres règles d'orthographe.

 

Mais à la rentrée, il y a du nouveau. Ou plutôt : une nouvelle. Elle s'appelle Sidonie, est toute chétive et se trouve... clouée dans un fauteuil roulant.

 

Entre Sidonie et Victor se crée d'emblée une grande complicité. Grâce à son gabarit, le jeune garçon n'a aucun mal à pousser le fauteuil. En classe, Sidonie aide son camarade à rester concentré. Mais cela suffira-t-il pour redonner à Victor la motivation pour s'accrocher ?

Mon avis :

Une très belle histoire d'amitié sur fond de handicap.

Victor est un garçon terriblement touchant. Se considérant comme "un nul de l'école", "un cas désespéré", il se désole d'avoir "un cerveau tout mou" qui laisse impuissants ses enseignants et rend tristes ses parents. Et l'on se désole avec lui parce qu'au fond c'est un garçon d'une grande gentillesse et sa détresse fait peine à voir. Et puis il est capable de réflexions pertinentes, sur la vie notamment, comme : "Quand on croit que le pire va arriver et qu'il n'arrive pas, tout paraît plus chouette, même ce qui ne l'est pas tant que ça".

 

Avec Sidonie, Victor commence par relativiser ses propres difficultés : "Je préfère redoubler plein de fois mais pouvoir marcher sur la plage plutôt que d'être dans un fauteuil roulant", même si "moi, c'est mon cerveau qu'est tout mou... mais pour ça, y a pas de fauteuil". Ceci dit, vu son retard intellectuel, on se demande s'il ne serait pas mieux dans un établissement spécialisé. Quoi qu'il en soit, le jeune garçon a un atout : sa taille ! Si celle-ci pose problème à l'école (il est tout de suite identifié comme redoublant), elle va lui permettre de balader Sidonie après l'école. Voir la mer, faire du vélo, manger une glace : ils redécouvrent ensemble les petits bonheurs du quotidien. Sidonie donne envie à Victor de la protéger, de prendre soin d'elle. Il s'évertue à lui redonner le sourire qu'un long séjour à l'hôpital a effacé. De son côté, la fillette l'aide en classe et pour les devoirs, le soutenant et l'encourageant sans cesse, lui redonnant un peu d'estime de soi. Ces deux-là se complètent ("c'est peut-être justement parce qu'on est différents des autres qu'on se comprend tellement") et ressentent l'un pour l'autre des sentiments (amoureux?) de plus en plus forts.

 

Mais le besoin de surprotection de Victor va l'amener à faire une bêtise... Certes sa réaction face au "monsieur de la cantine" était justifiée, mais il faut apprendre à "réfléchir aux conséquences", lui assène son père ! Cependant l'événement va jouer le rôle de révélateur et lui donner définitivement l'envie de changer. S'améliorer pour "ne pas être bête toute la vie", "espérer autre chose dans la vie que d'être le dernier" : cette fois, Victor est déterminé ! Acculé, il apprend la persévérance ("c'est plus facile d'accepter de ne pas réussir quand on ne fait pas tous les efforts possibles") et au final, même si le résultat n'est pas extraordinaire, Victor peut affirmer que "pour la première fois de ma vie, je suis fier de moi" !

Mars 2017

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