Les contes des mille et une nuits

Anonyme

Bagdad au début du IXe siècle. Un livre persan intitulé Mille Contes circule. Un homme de génie s'en empare, l'adapte en arabe et lui donne un nouveau titre : Alf layla wa-layla (les Mille et Une nuits). Il en reste aujourd'hui un fragment de deux feuilles, qui est en même temps le plus ancien fragment littéraire de langue arabe sur papier, daté de 266 de l'hégire (888 de l'ère chrétienne).

 

Les Mille et Une nuits ont été révélées à l'Occident par Antoine Galland, un grand savant du siècle de Louis XIV, qui a commencé à les traduire en français en 1704, à une époque où le conte était particulièrement en vogue (avec Charles Perrault notamment). Le succès de sa traduction est tel que Galland lui ajoute un ensemble de contes nouveaux, des "contes orphelins", comme Aladin et Ali Baba, qui lui ont été racontés par un moine de la ville d'Alep en Syrie, et qui ne semblent avoir figuré dans aucun texte d'origine.

 

Les Mille et une nuits est le miroir de la civilisation arabe qui est représentée dans son ensemble (commerce, coutumes, architecture, gastronomie, folklore...) à travers ces histoires.

Source : Contes des mille et une nuits, BD de Daniel Bardet

- contes orientaux, IXe siècle -

Le sultan Schahriar, furieux de l'infidélité de son épouse, la fit mettre à mort. Afin d'éviter d'être à nouveau trompé, il décida d'assassiner chaque matin la femme qu'il aura épousée la veille. Après le massacre de plusieurs femmes, Shéhérazade, la fille du grand vizir, se porta volontaire. Elle avait une idée pour faire cesser cette barbarie : elle se mit à raconter au sultan le début d'une histoire une heure avant le lever du jour, prenant soin de s'interrompre sans avoir achevé son récit. Piqué par la curiosité, le sultan reporta l'exécution au lendemain. Ce petit manège se répéta durant mille et une nuits...

adaptation de Michel Laporte, Flammarion jeunesse, 2010, 182 p.
adaptation de Michel Laporte, Flammarion jeunesse, 2010, 182 p.
  • Ali Baba et les quarante voleurs

Un jour qu'il était dans la forêt, Ali Baba aperçut une troupe de voleurs à cheval. Ceux-ci, qui étaient au nombre de quarante, mirent pied à terre. Leur capitaine s'approcha du rocher tout près de l'arbre où Ali Baba s'était réfugié. Il prononça: "Sésame, ouvre-toi !" et une porte s'ouvrit dans le roc. Les voleurs demeurèrent longtemps dans le rocher. Et lorsqu'ils partirent enfin, Ali Baba pénétra à son tour dans la grotte avec la même formule. A l'intérieur s'entassaient de riches marchandises, des étoffes et des tapis de prix, et surtout des pièces d'or dans des sacs posés les uns sur les autres ! Ali Baba entreprit alors de charger une partie de ces sacs sur ses ânes...


  • Hassan le cordier

Il y avait, dans la ville de Bagdad, deux amis dont l'un s'appelait Saadi et l'autre Saad. Un jour qu'ils se promenaient tout en discutant de choses et d'autres, Saadi, qui était extrêmement riche, affirma qu'à son avis, le seul moyen pour un pauvre de sortir de la misère était de se retrouver en possession d'une somme d'argent importante, à condition d'en faire un usage convenable. "Je crois qu'un pauvre peut faire fortune par un tout autre moyen que l'argent", lui répondit Saad. Et pour savoir qui avait raison, tous deux se rendirent à l'atelier voisin d'Hassan le cordier, dont les vêtements et le misérable équipement disaient assez combien il était pauvre. Saadi lui remit une bourse de deux cents pièces d'or, tandis que Saad sortit de sa poche un simple morceau de plomb...


  • Histoire du pêcheur et du génie

Il y avait autrefois un pêcheur très pauvre qui pouvait à peine gagner de quoi faire subsister sa femme et ses trois enfants. Un matin, il se rendit au bord de la mer et jeta ses filets. Quand il les ramena, il trouva à la place du poisson un lourd vase de cuivre avec un couvercle de plomb. Il l'ouvrit non sans peine et il s'en échappa une épaisse fumée, qui se réunit pour former le corps solide d'un génie d'une grandeur si démesurée que le pêcheur voulut s'enfuir...


Au bout de mille et une nuits, le sultan avait totalement oublié sa colère. Il n'avait pas pu s'empêcher d'admirer le courage et la sagesse de Schéhérazade. Il avait eu le temps, aussi, d'apprécier toutes ses autres qualités. Guéri de sa rage meurtrière, il renonça à la loi cruelle qu'il s'était imposée. Cette agréable nouvelle eut tôt fait de se répandre dans le royaume et valut à la sultane et à son époux la bénédiction de tout leur peuple.

Mon avis :

En se (re)plongeant dans ces contes, on est littéralement transposé dans un autre temps et une autre culture ! Une époque prospère pour le commerce, comme en témoignent les nombreux marchands présents parmi les personnages. L'attrait de l'or apparaît d'ailleurs dans plusieurs récits : celui-ci est souvent envié, parfois mal utilisé ou au contraire bien mérité. Quoi qu'il en soit, chacun des contes est porteur de morale, avec son lot de voleurs et de curieux punis et de bonnes âmes récompensées. Le calife Haroun-al-Raschid (qui a véritablement existé) fait chaque fois preuve d'une grande sagesse, observant quotidiennement son peuple caché sous un déguisement, et prononçant des jugements toujours justes.

Ces contes nous dévoilent également les us et coutumes arabes sous le règne de celui-ci, que ce soit le quotidien d'un pauvre pêcheur ou d'un riche marchand, dans l'organisation familiale ou dans les relations sociales. J'ai beaucoup aimé la servante futée d'Ali Baba ! Mais beaucoup moins les allusions à la polygamie de celui-ci...

Cependant, ce qui marque surtout dans ces histoires, ce sont les aventures incroyables voire extravagantes que vivent les héros. La plupart des récits sont enchâssés, cumulant les rebondissements et autres péripéties à n'en plus finir ! Des aventures souvent empreintes de surnaturel d'ailleurs, riches en fées, sorcières, génies et autres goules.

N'en doutons pas : Les contes des mille et une nuits captiveront les enfants autant que le sultan !

Février 2015

► Et aussi...

 

 

♦ La version de Jacques Cassabois (Livre de poche jeunesse, 2016)

 

 

 

 

 

 

 

BD de Daniel Bardet, Adonis, 2007, 64 p. (Romans de toujours)
BD de Daniel Bardet, Adonis, 2007, 64 p. (Romans de toujours)

♦ Cette bande dessinée propose deux contes: Le prince Ahmed et la fée Pari-Banou ainsi que Le prince Bader et Gelnar, princesse de la mer. Le premier récit, qui inclut Les trois princes amoureux, est en deux parties distinctes : tout commence avec trois princes amoureux de la même princesse, que leur père envoie parcourir le monde à la recherche de l'objet le plus exceptionnel qui soit. Une fois le mari désigné par le roi, l'un des trois princes fait la connaissance de la fée Pari-Banou... Dans le second récit, le sultan de Perse, Schahramane, qui vient d'acheter une esclave pour en faire son épouse, apprend que celle-ci est en réalité une princesse appartenant à un peuple vivant sous la mer...

 

Si les histoires se révèlent passionnantes et bien scénarisées, le graphisme en revanche est d'une médiocrité affligeante. D'autre part les femmes sont représentées inutilement dénudées, ce qui leur donne une allure vulgaire.

♦ Sur le site de la BNF, vous pouvez :

- lire le début de trois contes : Ali Baba et les quarante voleurs, Sindbad le marin et Aladdin ;

- imaginer un conte oriental à partir d'un outil interactif ;

- illustrer ce conte (décor, personnages) dans l'atelier graphique ;

- visionner un diaporama consacré aux génies et autres créatures surnaturelles dans Les Mille et une nuits.

Voir "Le prince des apparences"
Voir "Le prince des apparences"

 

Un 2e conseil lecture pour 1 clic de plus !

Voir aussi "La clef des sages"
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