Les contes de Beedle le barde

par J.K. ROWLING et Lisbeth ZWERGER (illustrations)

Gallimard jeunesse, 2019, 159 p.
Gallimard jeunesse, 2019, 159 p.

Voici les cinq contes qui bercent l'enfance de tous les jeunes sorciers. Pendant des siècles, ils ont été appréciés des enfants à qui on les lisait le soir, avant qu'ils ne s'endorment, et c'est pourquoi la marmite sauteuse et la fontaine de la Bonne Fortune sont aussi célèbres chez les élèves de Poudlard que peuvent l'être Cendrillon ou la Belle au bois dormant chez les enfants de Moldus.

 

Traduites des runes par Hermione Granger et commentées par Albus Dumbledore, ces histoires ont aidé des générations de parents sorciers à expliquer à leurs jeunes enfants que la magie cause autant de difficultés qu'elle permet d'en résoudre.

 

Mon avis :

C'est un bel album à la police d'écriture confortable, suffisamment pour en faire une lecture à voix haute, et richement illustré dans le corps de texte ainsi qu'en pleine voire double page.

 

Le premier conte, "Le sorcier et la marmite sauteuse", est assez drôle: un jeune sorcier, qui a hérité de la marmite magique de son père, refuse de mettre comme lui ses capacités au service des Moldus qui viennent quérir son aide, ce qui déclenche toutes sortes de réactions loufoques de la part de l'objet! Le message est clair: il s'agit d'encourager la gentillesse et l'altruisme.

Il en est de même dans le suivant, "La fontaine de la Bonne Fortune", davantage en forme d'aventure. Les héros doivent unir leurs forces pour surmonter les épreuves permettant d'accéder à l'eau miraculeuse. Si le chevalier n'est d'aucune aide réelle, ce qui va plutôt à l'encontre des histoires traditionnelles, les trois sorcières résoudront chacune une énigme. Cette fois, c'est la volonté d'affronter l'adversité plutôt que de se morfondre qui est mise en avant.

 

"Le sorcier au cœur velu" tient une place à part dans le recueil. C'est un conte macabre, à la fin violente et horrible. Le prince, ayant peur d'aimer et d'en souffrir, a enfermé son cœur dans un cachot verrouillé pour ne plus rien ressentir. Mais personne ne peut échapper à une blessure morale ou émotionnelle, y compris un sorcier...

Dans "Babbitty Lapina et la souche qui gloussait", il est question de stupidité et d'avarice. Quant à la dernière, "Le conte des trois frères", c'est celle qui se rapproche le plus de nos histoires de "Moldus", elle m'a d'ailleurs fait penser à un conte de Grimm. Les héros y affrontent le personnage de la Mort et c'est le plus jeune qui se montrera "le plus humble et le plus sage".

 

Je me suis interrogée sur la pertinence des commentaires de Dumbledore à chaque fin de conte. Disons qu'ils créent un lien avec la série Harry Potter, le vieux sorcier faisant allusion à des éléments tels que les Horcruxes, les Animagi, la baguette de sureau ou encore la cape d'invisibilité. On y trouve également des anecdotes et des références historiques (telle que la chasse aux sorciers/sorcières dans l'Europe du XVIe siècle) qui donnent un côté "réel" au recueil. Dumbledore précise d'ailleurs que certaines histoires ont été contestées par des sorciers tels que Mr Malefoy pour leur côté pro-Moldus ("La marmite sauteuse" permet de résoudre leurs problèmes grâce aux sorts, et "La fontaine de la Bonne Fortune" plébiscite les mariages "mixtes").

Un livre de qualité, qui peut faire un beau cadeau!

Patricia Deschamps, décembre 2019


Retrouvez Takalirsa sur Facebook, Babelio, Instagram  Youtube, Twitter et Tik Tok

Making of d'une chronique