La petite fille aux allumettes

Sanami SUZUKI

Komikku, 2017, 208 p.
Komikku, 2017, 208 p.

 

Je m’appelle Rin.

Je suis vendeuse d’allumettes chimériques.

Ces allumettes donnent forme aux chimères, autrement dit à ce qu’on pense quand on les allume.

 

"Chimère", c'est un mot un peu désuet...

Mais le style rétro, c'est à la mode !

 

A ne pas confondre avec les vœux !

Et si je vous propose de réaliser votre rêve ultime contre un an de votre vie, ÇA VOUS TENTE ?

 

(Texte : 4e de couverture)

Mon avis :

N'allez pas croire que cette version manga est une simple reprise du conte d'Andersen ! La fameuse petite fille aux allumettes y est bien plus sombre et inquiétante que celle d'origine, cette malheureuse enfant tremblante de froid et de faim. Avec son look gothique, son visage fermé qui ne sourit jamais et son regard glaçant contrastant avec la flamme produite par les bâtonnets de soufre, Rin dégage quelque chose de vaguement inquiétant.

 

Chaque chapitre constitue un épisode indépendant, mettant en scène un protagoniste et son histoire personnelle. La trame est toujours identique : le jeune, habité par ce qui ressemble fort à l'un des sept péchés capitaux (ici essentiellement: l'envie/la jalousie ou encore l’orgueil), se laisse convaincre par les allumettes de Rim dont il fait mauvais usage, ce qui aboutit à une situation catastrophique (voire mortelle). Il faut dire qu'ils font des choix impulsifs, se laissant déborder par des souhaits irréfléchis (ils ont toute une boîte) afin de satisfaire un désir immédiat, sans penser aux conséquences ("J'exaucerai tous tes caprices"). Chacun à sa manière cherche à toucher le bonheur mais reste trop à la surface des choses. "Les chimères dénotent un manque d'imagination", déplore Rim.

 

Pourtant la fillette s'évertue à les mettre en garde... à sa manière. Comme elle s'exprime par des propos métaphoriques, personne ne comprend vraiment (y compris le lecteur) où "tu veux en venir à la fin ? ". D'ailleurs plus le manga avance plus les récits deviennent étranges... Dans le cinquième, c'est jour de repos et Rim elle-même n'utilise pas ses allumettes : ce jour-là, "je ne fais pas de rêverie", dit-elle, un peu triste - est-ce de la lassitude ? Est-elle désabusée ? Dans le sixième et dernier, l'héroïne, Ruli, semble plus raisonnable que ses homologues : pour cette adolescente qui se donne les moyens d'atteindre son rêve, sa chimère ne constitue qu'un coup de pouce : "L'allumette n'a fourni que l'étincelle qui a mis le feu aux poudres de sa propre ambition". Mais voilà que surgit une mystérieuse "vendeuse de bougies" (que Rim connaît), et c'est le drame...

 

Un manga inattendu, original, qui vaut le détour !

Août 2017

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