La fille seule dans le vestiaire des garçons

de Hubert BEN KEMOUN

Tu as un problème avec moi, Marion !

Flammarion, 2013, 217 p. (Emotion)
Flammarion, 2013, 217 p. (Emotion)

 

Enzo, le beau gosse du collège, passe son temps à taquiner Marion "l'intello" : il lui envoie des piques et la provoque, toujours en public, devant ses potes qui se marrent. Il est lourd, Enzo, très lourd !

 

Et ce jour-là, le garçon dépasse les bornes : ayant confisqué son sac à Marion, il lui réclame un smack en échange... mais c'est un coup de pied dans l'entrejambe qu'il reçoit !

 

Humilié, Enzo promet vengeance...

 

Et le lendemain, Marion s'aperçoit que dans l'altercation, elle a perdu le carnet noir où elle consigne compositions et pensées intimes...

Mon avis :

Volontairement je me suis arrêtée tôt dans le résumé pour ne pas gâcher le suspense de l'histoire : comment Enzo va-t-il se venger... et comment Marion ripostera-t-elle à son tour dans le fameux "vestiaire des garçons" annoncé dans le titre ? Car il s'agit bien dans ce roman d'une surenchère dans l'humiliation, qu'internet va de plus rendre publique...

 

Le récit, narré du point de vue de Marion, nous immerge dans le tumulte de ses sentiments. On comprend vite que depuis le départ inattendu de son père, vécu comme une trahison, la jeune fille voue à tous les représentants de la gente masculine une certaine méfiance, qui se transforme en rejet complet au fur et à mesure de ses déboires avec Enzo et sa bande.

 

Marion a un fort caractère et c'est ce qui évite à l'auteur de sombrer dans un portrait apitoyant. L'adolescente ne se laisse pas faire, elle réplique toujours de façon cinglante à ce gros macho d'Enzo mais voilà : lui évolue en groupe alors qu'elle est seule. Une solitude un peu surprenante d'ailleurs (et inexpliquée), qui l'enferme toujours plus dans sa rage jusqu'à l'explosion.

 

Le personnage du petit frère vient heureusement soulager la tension sous-jacente à la thématique. Autant la mère est effacée, agaçante même à force d'inaction - elle est entièrement occupée à retrouver un semblant de confiance dans les hommes en les collectionnant via un site de rencontres -, autant le sympathique Barnabé apporte du piment à la situation avec ses remarques perspicaces teintées d'humour.

 

Le livre est donc globalement agréable à lire, même s'il reste de facture classique dans sa construction comme dans son langage.

Mai 2014

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