I hunt killers

roman de Barry LYGA

Editions du Masque, 2013, 347 p.
Editions du Masque, 2013, 347 p.

Le cadavre mutilé d'une femme inconnue vient d'être découvert dans la petite ville de Lobo's Nod. Si le shérif n'a pas l'air de s'affoler, le jeune Jazz Dent est lui persuadé que ce crime est l'oeuvre d'un tueur en série qui va bientôt faire une nouvelle victime.

 

Qu'est-ce qui lui fait dire ça ? Son expérience personnelle des serial killers. Son père en était un et lui a appris les subtilités du "métier" avant d'être arrêté...

 

Secondé par son ami Howie, Jazz décide de s'introduire à la morgue afin d'examiner le cadavre. Il compte bien démasquer le coupable avant qu'une nouvelle série de meurtres viennent perturber Lobo's Nod. Et prouver que ce n'est pas parce qu''il est capable de se mettre dans la peau d'un tueur qu'il est comme son père...

Mon avis :

Voilà un jeune héros bien surprenant ! Jazz Dent est-il "un gamin avec un père cinglé, comme tant d'autres" ou un authentique sociopathe ? Lui-même se pose la question tout au long du roman (ce qui lui vaut quelques longueurs). Littéralement hanté par les souvenirs des crimes de son père - qui se plaisait à lui détailler ses techniques de torture, de mise à mort et autres démembrements, et lui confiait également l'entretien de sa collection de "trophées" (objets prélevés sur les cadavres) - habité par des pulsions meurtrières qui lui font envisager les gens comme des victimes potentielles, Jazz oscille constamment entre raison et fascination en un troublant double je(u).

 

Manipulateur comme son père Billy, l'adolescent sait simuler n'importe quelle émotion et il use de ce don aussi bien avec ses amis Connie et Howie qu'avec l'assistante sociale qui cherche à le retirer malgré lui de la garde de sa sénile de grand-mère. Seul le shérif G. William, qui a autrefois arrêté Billy Dent, ne se laisse pas tromper. Pour autant, on sent chez Jazz un attachement sincère pour ses proches qui lui donne l'humanité faisant défaut à son père. Il a d'ailleurs à coeur de prouver que si tout le prédispose à devenir comme celui-ci, il s'y refuse formellement.

 

Démasquer le nouveau tueur en série de Lobo's Nod est d'emblée une évidence pour lui : quelle meilleure façon de montrer qu'on n'est pas un tueur sinon en les pourchassant (hunt en anglais) ? L'enquête est d'ailleurs impressionnante de précision : examen de la scène de crime, déroulement de l'autopsie, analyse du mode opératoire du tueur, l'ensemble est digne des meilleures séries policières américaines et n'a rien à envier aux polars adultes !

Un style à l'instar du principal protagoniste donc, tout en maturité et perspicacité ! Et une suite à découvrir : Game.

Patricia Deschamps, décembre 2013

 

I hunt killers 2 : Game

Editions du Masque, 2013, 485 p.
Editions du Masque, 2013, 485 p.


Après l'Impressionniste, un nouveau tueur en série sévit : Hat-Dog, qui laisse des dessins de chapeaux ou de chiens sur le corps de ses victimes - d'où son surnom. Hat-Dog a déjà tué quatorze personnes, pourtant la police stagne...

 

Dépêché par la NYPD, Jazz débarque à New York avec sa petite amie Connie afin d'éclairer l'inspecteur Hugues en charge de l'enquête grâce au "savoir" enseigné par son père.


Mais ce que personne ne sait, c'est que Hat-Dog n'agit pas seul... C'est en réalité le père de Jazz, Billy Dent, qui tire les règles du jeu...

Mon avis :

Un début d'intrigue laborieux, l'auteur revenant sur les "démons" qui hantent le héros - sa culpabilité pour avoir malgré lui aidé son père à s'évader, sa crainte d'être un sociopathe comme lui, ses cauchemars récurrents... Ce n'est que lorsque Jazz arrive à Brooklyn pour étudier le dossier Hat-Dog que l'histoire devient enfin intéressante !

 

Le trio "le héros / sa copine / son pote", bien que permettant d'alterner les points de vue, se révèle un peu convenu. Les enquêtes parallèles de Howie et Connie n'apportent pas grand chose à l'intrigue. Un nouveau personnage fait son apparition dans la vie de l'adolescent : sa tante Samantha, sœur de Billy, qui lui en apprend davantage sur son père enfant sans pour autant énoncer de révélation inédite. 

 

L'enquête révèle une ou deux trouvailles sympas mais de manière générale ce deuxième tome reste (trop) calqué sur le premier, avec les mêmes thématiques et les mêmes interrogations qui tournent en boucle. Le personnage de Jazz ne semble pas évoluer, ni ses relations avec les autres : il continue de courir après un père insaisissable, et sa liaison avec Connie stagne car il craint que l'acte sexuel déclenche une violence incontrôlable. Enfin, trop de dialogues et d'introspections interminables (et inutiles) plombent le rythme du récit. 

 

Bref le résultat donne un roman certes bien écrit et construit, mais sans grande nouveauté par rapport au précédent. Quel est alors l'intérêt de nous proposer une trilogie ? Personnellement, autant I hunt killers m'avait fait une bonne première impression, autant Game ne m'a pas donné envie de retrouver Jazz Dent dans une ultime aventure...

Patricia Deschamps, octobre 2014


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