George

d'Alex GINO

Elle était une fille, et personne ne s'en doutait.

L'Ecole des loisirs, 2016, 172 p.
L'Ecole des loisirs, 2016, 172 p.

 

Parfois, les gens ne voient pas les choses comme elles sont, mais comme ils croient qu'elles sont. Beaucoup de gens aiment George. Maman est très fière de son petit garçon, Scott aime son « frérot », et Kelly le tient pour son meilleur ami. Mais George sait que les gens ne voient pas qui elle est vraiment. Car, George en a la certitude, elle est une fille.

 

(Texte éditeur)

Mon avis :

Le sujet est vraiment original et le personnage touchant, malheureusement je n'ai guère accroché à l'histoire, vaguement ennuyeuse...

Pour George, "le fait d'être une fille en secret était un problème énorme". Elle doit dissimuler les magazines de mode ("ses amis") qu'elle feuillette en cachette, s'enfermer dans la salle de bain quand elle s'amuse à rabattre ses cheveux en frange. A l'école, son mal-être la rend réservée avec les autres et sa féminité, qui transparaît malgré tout dans son attitude et ses goûts, lui vaut les moqueries des "crétins". L'intrigue tourne essentiellement autour d'une pièce de théâtre scolaire dont George rêverait d'interpréter le rôle principal féminin, sans réussir à convaincre la maîtresse malgré son talent. Non seulement la fillette (George est désignée par le pronom "elle" tout au long du roman) s'identifie à Charlotte, mais "elle avait sincèrement commencé à croire que si les gens la voyaient sur scène en Charlotte, ils se rendraient compte qu'elle était une fille dans la vie aussi".

 

Il devient en effet de plus en plus difficile pour George "de faire semblant d'être un garçon"... Mais comment le dire à maman ? Et à son frère aîné Scott qui la taquine avec ses "histoires de filles", persuadé que Kelly est sa petite amie ? Celle-ci sera la première à recevoir la fameuse confidence et sa réaction, bien qu'ayant nécessité un certain temps d'adaptation, est admirable : Kelly n'aura de cesse de soutenir et encourager George à s'affirmer. Pour la mère, ce sera plus compliqué : "Ce genre de caprice était mignon quand tu avais trois ans"... Quant à Scott, son premier élan est de parler, à tort, d'homosexualité. Il faudra du temps pour que, aux yeux des gens, George prenne "une autre dimension". La transsexualité et les moyens qui y mènent sont même évoqués, George étant parfaitement conscient que son corps ne lui permettra bientôt plus de se déguiser.

 

La réflexion est donc intéressante, cependant il ne se passe pas grand chose dans ce roman... Les scènes sont souvent diluées dans des précisions inutiles. J'ai par ailleurs trouvé que la thématique du théâtre comme révélateur était un peu convenue. La simplicité du texte le rend accessible aux plus jeunes mais l'impact aurait été plus fort, je pense, en densifiant l'intrigue, même si elle reste porteuse de tolérance et d'espoir.

Mai 2018

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