Chevaux de foudre

roman d'Aurélie WELLENSTEIN

Le flanc du fulgur se soulevait et s'abaissait sous le ventre de la jeune fille. Elle ressentait avec une acuité insupportable la détresse, la colère et la peur de l'animal. (...) Alix continuait de lui parler, concentrée sur lui. Plus rien n'existait autour d'elle. Elle nouait un lien ténu avec l'animal. Un fluide passait entre eux.

Magnard Jeunesse, 2015, 206 p.
Magnard Jeunesse, 2015, 206 p.

Les jours d'orage surgissent au galop des hordes de fulgurs, ces étonnants chevaux qui se nourrissent de l'énergie de la foudre. Alix ne craint ni les orages, ni les fulgurs : elle a été "choisie" à l'âge de 4 ans par l'un d'eux, dont la décharge électrique lui a laissé une marque sur la main.


Mais ce jour-là, des Romains surgissent pour capturer les fulgurs dans un bain de violence, notamment un puissant étalon noir. Le père d'Alix est tué et la jeune fille capturée : son don pour communiquer avec l'animal fera d'elle une très bonne esclave dans les écuries de Rome... Pendant les jeux du Déluge, lorsque la foudre pilonne la ville, on organise en effet de terribles courses électrifiées...


La première réaction d'Alix est de s'enfuir avec Ira le fulgur. Mais Marcus, le champion de l'équipe Rouge, l'encourage plutôt à devenir cavalière : en accumulant les victoires, on peut racheter sa liberté...

Mon avis :

Une belle surprise, ce roman ! Le récit s'ouvre sur une scène d'orage très réussie, entre fantastique et poésie. On y découvre les fascinants fulgurs, ces chevaux surnaturels à la fois beaux et puissants, attirants et terrifiants, et la mystérieuse capacité d'Alix à communiquer avec eux.

Mais cette aventure ne se résume pas à une passion pour des chevaux mythiques. On y découvre le quotidien sous la Rome antique, à travers les yeux de la jeune esclave qui y met les pieds pour la première fois : l'effervescence de la ville commerçante, le réconfort des thermes, les rituels religieux et bien sûr la liesse du circus Maximus. Le style est efficace, l'auteur décrivant lieux et sentiments avec concision, et le récit, à la fois rythmé et captivant, défile à toute vitesse.

L'accent est surtout mis sur la difficile condition "d'étrangère" et "d'unique femme dans un monde d'hommes" de la pauvre Alix qui hésite longtemps entre "mourir libre ou vivre une existence désespérée". L'adolescente se bat contre le désespoir et les humiliations diverses, animée par une volonté de vengeance et sa détermination à faire ses preuves. Elle est aidée en cela par le beau Marcus, avec qui elle développe une relation nuancée, mêlée d'admiration et de doute : est-il sincère ou ne cherche-t-il qu'à l'utiliser ?

La dernière partie, consacrée aux courses du Déluge, est intense en action et suspense. On n'échappe pas à un petit côté mélodramatique par-ci par-là, mais ce livre plaira aussi bien aux amateurs de chevaux, de fantastique, que d'Antiquité romaine !

Patricia Deschamps, août 2015


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