Céleste, ma planète

roman de Timothée de FOMBELLE

Si la planète était une personne, on ferait tout pour la sauver.

Gallimard jeunesse, 2009, 91 p. (Folio junior)
Gallimard jeunesse, 2009, 91 p. (Folio junior)

 

Un jour une nouvelle élève débarque au collège. Elle s'appelle Céleste et le narrateur en tombe aussitôt amoureux.

 

Mais à l'heure du déjeuner, Céleste disparaît brusquement. Elle ne reviendra pas. Alors il décide de la retrouver, à tout prix.

Mon avis :

Quand une histoire d'amour véhicule un message écologique.

C'est un monde futur bien oppressant que décrit ce petit roman. Solitude, pollution, surconsommation: tous les maux de notre société sont mis en exergue.

 

Le jeune héros habite, seul, dans l'une des immenses tours du "quartier de verre". Son école est au 115e étage et pour aller chez lui, "on prend les trois passerelles à la hauteur du centième étage et on remonte une quarantaine de niveaux"(!). Sa mère, qui travaille dans l'immense société !ndustry, n'est jamais là mais veille au bien-être de son fils en surchargeant chaque semaine le frigo en ligne d'une montagne de nourriture ("quel gâchis"). Pour seule compagnie, l'adolescent a son copain Briss dont le père est laveur de carreaux (et ne manque pas de travail!). C'est un jeune atypique qui n'a pas de mobile et déteste les jeux vidéo ("je console"), préférant s'occuper à jouer du piano et peindre des cartes géographiques sur les murs.

 

Dans ce monde étouffant fait de "passages couverts", de "galeries", de sous-sols ("une vingtaine d'étages en dessous de zéro"), de parkings où les voitures sont "entassées sur un kilomètre de hauteur", où "la circulation en plein air est réservée aux voitures" et où les gens multiplient l'utilisation des sacs plastiques, la pollution est reine. Une "nappe nuageuse", une "vapeur grise" nimbe constamment la ville. Et la jeune Céleste cristallise en elle les stigmates de ce monde qui va si mal: non seulement elle vit dans la plus extrême pauvreté au sommet du "quartier de briques" (soit le 330e étage...), mais de plus sa peau est constellée de taches s'étendant au fil des catastrophes écologiques gangrenant la planète... Sauver Céleste de sa terrible maladie reviendrait à préserver l'environnement.

 

Pour autant le ton du récit n'est pas plombant, porté par les sentiments amoureux du personnage principal. Son investigation se heurte au secret, et même au tabou que représente la maladie de Céleste. On sait combien les enjeux économiques et les intérêts financiers surpassent toute démarche écologique. J'ai d'ailleurs trouvé l'épilogue peu réaliste, d'autant plus avec le recul de cette histoire parue la toute première dans un Je bouquine de 2007... "La planète va mieux", vraiment? Cependant je comprends la démarche de l'auteur, visant à encourager les petites initiatives personnelles pouvant mener collectivement à de grands changements. Comme le héros, gardons l'espoir qu'à défaut de guérir, notre planète gagne un sursis.

Patricia Deschamps, septembre 2020

rubrique Ecologie
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