Bouli Miro

de Fabrice MELQUIOT

DADDI ROTONDO. Mon amour Mama, c'est pas un hasard si elle s'appelle Binocla. Elle n'y voit pas à trente centimètres. La première fois, elle m'a pris pour un kiosque à journaux. Je lui ai dit : Mademoiselle, votre chien fait pipi sur ma jambe.

L'Arche, 2002, 56 p.
L'Arche, 2002, 56 p.

 

Dès sa naissance, le fils de Daddi Rotondo et de Mama Binocla, Bouli Miro, a tout de ses parents : il pèse déjà 9 kg, et se révèle bigleux comme une taupe.

 

Si la myopie se règle rapidement avec une paire de lunettes, il n'en va pas de même avec le poids : Bouli grossit à vue d’œil et atteint les 57 kg à l'âge de quatre ans ! Qui plus est, Bouli est un trouillard qui a peur de tout...


Malgré l'amour de sa cousine Pétula...

 

PETULA. Bouli je t'aime gros. 

 

...Bouli souffre des moqueries à l'école.

 

MAMA BINOCLA. Bouli a pleuré les Larmes du Ventre Tordu. Et il a attrapé un vilain rhume de cœur à cause de la méchanceté dans l'air.

 

Et le jour où il écrase sa mère qu'il n'avait pas vue, en s'asseyant sur elle, c'est le déclic ! Le petit garçon se met à la gym, et les kilos se mettent à fondre...

 

Mais l'incroyable histoire du régime de Bouli fait bientôt le tour du monde, et celui-ci commence à devenir prétentieux...

 

DADDI ROTONDO. (...) j'ai regardé mon fils. Inquiet, j'étais. Il était mince de partout mais sa tête avait gonflé.

Mon avis :

J'ai découvert cette pièce lors d'un stage de théâtre, et j'ai pris beaucoup de plaisir à jouer la première scène, à la maternité, avec le reste du groupe ! Le texte est très drôle, l'intrigue un brin loufoque, par contre il n'est pas forcément simple de monter une mise en scène. Comme souvent dans le théâtre contemporain, les didascalies et autres indications scéniques sont quasi inexistantes, et il faut plusieurs lectures pour bien saisir les nuances des répliques. D'un autre côté, cette ouverture laisse la possibilité de plusieurs interprétations.

 

L'histoire dégage à la fois beaucoup d'amour et de tristesse. Bouli vit dans un cocon familial très tendre. Peureux maladif (il a peur de la voix de son oncle, de la fumée de cigarette, du noir, et même de se lever le matin !), il est pris en charge par son père qui trouve mille et une astuces pour chasser les craintes de son fils. Bouli est presque vénéré par sa famille, et le contraste avec le monde extérieur n'en est que plus rude.


A côté de ça, on trouve des passages complètement délirants, comme ceux avec Sharon Stone, qui tombe en adoration devant le petit garçon, et ceux avec les parents de Pétula qui, revenant d'Espagne, exigent qu'on les prénomme Juan-Miguel ("je préfère, Rotondo. En Espagne au début, tout le monde m'appelait Chan-Missel !") et Mari-Juana (au lieu de Marie-Jeanne) !.. Quant aux deux enfants, ils ont un vocabulaire et une réflexion en complet décalage avec leur âge. En fait, on a l'impression que les premières années de Bouli (la pièce s'arrête à ses sept ans) est un véritable condensé de vie, avec ses angoisses et ses obstacles, la découverte de l'amour inconditionnel (celui des parents) et celle de l'amour fluctuant (celui du couple).


Retrouvez le personnage de Bouli dans Bouli redéboule et Bouli Année zéro !

Avril 2015

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