Alisik 1 : Automne

BD de Hubertus RUFLEDT (scénario) et Helge VOGT (illustrations)

Pas de peur, pas de peine, pas de pleurs... Le temps est un fleuve gelé dans l'obscurité.

Le Lombard, 2013, 108 p.
Le Lombard, 2013, 108 p.


Ce soir-là, Alisik se réveille dans... un cercueil. Elle est morte et sa sépulture a été enterrée dans le vieux cimetière.


Malgré l'accueil chaleureux des autres défunts, Alisik est bouleversée. Elle comprend qu'elle fait partie des "post-mortem", ces âmes égarées en attente de leur sort : la lumière ou les ténèbres, en fonction des bonnes et des mauvaises actions réalisées durant leur vie.


Et le pire, c'est qu'Alisik n'a aucun souvenir de cette vie... Comment est-elle morte ? Pourquoi sa destinée finale est-elle en suspens ?

Mon avis :

Quelle étrange atmosphère se dégage de cette bande dessinée ! Le graphisme, très inspiré de Tim Burton, nous ouvre un monde atypique entre féerie et désolation (un peu comme dans l'album L’Étrange cabaret des fées désenchantées).

Alisik a des allures de poupée en porcelaine, avec sa figure ronde aux joues roses et ses grands yeux larmoyants. Elle est entourée d'une troupe hétéroclite de joyeux morts-vivants, qui attendent le verdict de "monsieur Morrt", parfois depuis des années...

Ce premier tome se concentre sur le désarroi de l'adolescente, dégageant une profonde tristesse (Alisik a du mal à accepter sa condition, et on la comprend !), renforcée par de magnifiques planches où une seule couleur domine à chaque fois.

C'est visuellement très beau, et les auteurs ont su créer un véritable univers, mais j'ai trouvé que le récit était un peu trop lent (et déprimant). Le dernier tiers relance l'action avec le personnage de Ruben, un aveugle qui entend les post-mortem, et l'annonce de la destruction programmée du vieux cimetière...

Patricia Deschamps, mars 2015

Alisik 2 : Hiver

Le Lombard, 2014, 88 p.
Le Lombard, 2014, 88 p.

Personne ne peut fuir son passé. Ce serait comme essayer de fuir sa propre ombre.

C'est absurde. Le passé te rattrape toujours.


Tandis que les autres post-mortem s'inquiètent de l'avancée des travaux de démolition du vieux cimetière, Alisik accepte d'aider Ruben à retrouver l'homme responsable de l'accident qui l'a rendu aveugle.


Voilà donc les deux adolescents dans la maison abandonnée du fameux Conradi...

Mon avis :

Dans ce deuxième tome, l'intrigue s'accélère tout en conservant cette ambiance si particulière à l'univers d'Alisik. La jeune fille fait des découvertes sur sa propre mort, même si des mystères persistent, attisant le suspense. Ses sentiments pour Ruben se développent... mais rien n'est simple quand on est morte ! Entre deux on en apprend davantage sur les autres post-mortem : après Mamie Orties, c'est à Allumette puis à Frings de se dévoiler. Enfin, la soudaine apparition d'un terrible "mangeur d'âme" venu du royaume des morts apporte une touche d'action. Un album à la fois riche et beau !

Patricia Deschamps, mars 2015

Alisik 3 : Printemps

Le Lombard, 2014, 80 p.
Le Lombard, 2014, 80 p.

Tout va bien, dit la lune du printemps en se blottissant derrière un nuage de brouillard blanc. Après que la dernière neige eut fondu lentement et que mes dernières larmes eurent séché, je savais : la lune est une menteuse.


Depuis que le cercueil de Mamie Orties a été déterré, Frings et ses camarades font tout pour arrêter les travaux, comme détruire les pelleteuses pendant la nuit.


Alisik, elle, ne pense qu'à sa relation avec Ruben : il serait temps de lui avouer qu'elle est un fantôme... d'autant plus que le comportement de l'adolescent semble de plus en plus étrange à ceux qui ne voient ni n'entendent la jeune fille...

Mon avis :

Légère baisse de rythme dans le scénario qui tourne un peu en rond, même si Alisik a enfin le souvenir de l'accident qui a causé sa mort et la cécité de Ruben. Le Général, de son côté, raconte comment il a perdu son fils (et la vie) durant la Première Guerre mondiale. Le graphisme est toujours aussi abouti, avec des compositions gothiques à la fois sombres et dynamiques qui font toute l'originalité de cette série.

Suite et fin dans le tome 4 : Mort.

Patricia Deschamps, juin 2015

Alisik 4 : La mort

Le Lombard, 2015, 88 p.
Le Lombard, 2015, 88 p.

 

Alisik et ses amis sont en route pour le royaume des morts. Mais comme ils ont perdu la trace de Joe la Faux, ils doivent se débrouiller seuls pour trouver M. Morrt...

 

De son côté, Frings est resté avec Ruben, encore sous le choc de la révélation : Alisik est un fantôme. Alors que Frings s'apprête à rejoindre ses compagnons, Ruben décide de le suivre : peu importe ce qu'il a appris, il veut retrouver Alisik.

 

Mais le royaume des morts n'est pas sans dangers...

Mon avis :

La série se termine en beauté avec un quatrième album superbe. Les images, souvent en pleine planche, sont magnifiques, en termes de graphisme, de couleur et de relief, notamment les débuts de chapitres. Car pour une fois, l'intrigue est découpée en courtes saynètes, alternant entre les périples de l'un et l'autre groupe. Le royaume des morts est mi-féerique mi-gothique, peuplé de créatures surnaturelles évoluant dans une forêt vivante, et l'on oscille entre fascination et frayeur, dans un monde entre le pays d'Oz et celui d'Alice au pays des merveilles. Une réussite !

Patricia Deschamps, mars 2016

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